Normes commerciales du charbon de bois pour
GAZOGÈNES. — Les conditions de bonne utilisation auxquelles doivent satisfaire les charbons de bois pour gazogènes peuvent être ainsi résumées :
ASPECT. — Le charbon bien cuit a une cassure nette, d’un beau noir brillant, parfois un peu bleuté, sur laquelle les canaux du bois apparaissent parfaitement : il rend un son clair quand on le heurte sur un corps dur.
LES CARBURANTS FORESTIERS
HUMIDITÉ. — Le charbon doit être sec : le charbon humide perd sa sonorité, sa cassure est d’un noir mat.
L’humidité constatée dans certains charbons du commerce atteint parfois 10 0/0. Ce taux est un peu élevé; en pratique courante, il ne doit pas dépasser 8 0/0. Pour avoir une indication très sommaire sur la teneur en eau d'un charbon, on peut procéder de la manière suivante : peser 1.000 grammes de l’échantillon à examiner et les placer dans le four bien chauffé d une cuisinière. Au bout d’une heure, par exemple, peser à nouveau. La différence de poids constatée représente, d’une manière approximative, la quantité d’eau disparue par évaporation et permet d’en déterminer le pourcentage.
CENDRES. — La proportion de cendres peut être limitée à 5 0/0 (cela ne veut pas dire qu'un charbon contenant un pourcentage plus élevé de matières cendreuses soit inutilisable, mais seulement qu’il entraînera au nettoyage plus fréquent des appareils et qu’il fera baisser le rendement de l’installation après un certain temps de marche).
On peut déterminer approximativement la proportion de cendres contenues dans un charbon en chauffant dans un plat de fer, 1.000 grammes de ce charbon sec, de manière à en provoquer l’allumage et la combustion complète. On pèse ensuite les cendres résultant de cette combustion, et le poids obtenu rapporté au poids initial fournit l’indication cherchée.
Pour obtenir une indication plus exacte, il faut avoir recours à des méthodes de laboratoire et définir les conditions de l’incinération. Les cendres peuvent, en effet, contenir dejs carbonates qui se dissocient lorsque la température est assez élevée.
La composition centésimale des cendres de charbon de bois est très variable. Il résulte des expériences effectuées par le Comité Central de Culture Mécanique que certaines de ces cendres contiennent, en effet, jusqu’à 80 0/0 de silice, alors que d’autres en contiennent moins de 2 0/0. En revanche, celles qui sont pauvres en silice sont, en général, très calcaires, leur teneur en chaux dépassant 60 0/0. C’est dans cette dernière catégorie que l’on rencontre surtout des cendres infusibles au-dessous de 1.500 à 1.600°, se présentant comme de véritables poussières. On conçoit que ces divergences de composition soient de nature à influer sur la tenue des combustibles dans les foyers des gazogènes. Les éléments qui entrent dans la composition des cendres sont : la silice, l’oxyde de fer, l’alumine, la chaux et la magnésie.
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Résistance mécanique. Poussier. — La résistance du
charbon doit être aussi grande que possible pour éviter la formation du poussier. (On a envisagé de l’évaluer en mesurant la charge d’écrasement suivant la direction des rayons médullaires.) Le poussier ayant les chocs et les frottements pour origine, on évitera de faire subir aux sacs toute manipulation inutile.
CORPS ÉTRANGERS. — Les corps étrangers doivent être éliminés lors du concassage et du criblage. Les résidus de terre, pierre, sable, doivent être également écartés avec soin.
FUMERONS. — Le charbon ne doit pas en contenir : dans un gazogène à charbon de bois les fumerons distilleraient et les toiles des filtres seraient rapidement colmatées.
DENSITÉ de CHARGEMENT. — Pour les gazogènes destinés à être adaptés à des véhicules, il est intéressant d’obtenir un rayon d’action aussi grand que possible. La quantité de combustible brûlé au CV-H étant déterminée et le volume de la trémie ne pouvant être augmenté sans inconvénient, il y a intérêt à utiliser des combustibles dont le poids soit élevé par unité de volume apparent. Le Comité Central de culture mécanique a proposé de fixer à 200 kg. au mètre cube de trémie, le minimum de densité des charbons marchands destinés à être utilisés loin des lieux de production. En outre, il recommande la vente du charbon au poids et non au volume, sous réserve que la teneur en eau ne dépasse pas 8 0/0.
La densité de chargement sera d’autant plus élevée que la densité propre des grains sera, elle-même, plus grande.
Valeur moyenne de la densité de chargement de quelques combustibles courants :
Charbon de bois . 200 à 280 kg./m3
Comprimés de charbon de bois . 500 à 800 kg./m3
Semi-cokes minéraux . 400 à 500 kg./m3
Anthracite environ . 800 kg./m3
Mélanges . 400 à 600 kg./m3
Pour une qualité de charbon donnée, le concassage permet de faire varier la densité de chargement, cependant un fractionnement trop poussé conduit à une perte assez élevée au concassage.
CALIBRAGE. — Pour les gazogènes transportables, deux calibres peuvent suffire : l'un pour les gazogènes à tuyère, l'autre pour les gazogènes à entrée d’air périphérique (Panhard). Le premier de ces mélanges (Gohin) contiendra
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des grains mesurant de 8 à 30 m/m, le second (Panhard), des grains mesurant de 25 à 70 m/m.
On peut remarquer que la valeur réelle d’un carburant pour gazogènes est déterminée par des mesures complémentaires qui ont été à dessein séparées des précédentes, parce qu’elles ne sont pas immédiatement indispensables et parce qu'elles exigent, pour être tout à fait exactes, l’intervention du laboratoire et de spécialistes exercés.
C’est ainsi qu’il sera intéressant d’avoir des indicatons sur les propriétés suivantes :
L 'inflammabilité, qui est déterminée par la température à laquelle un combustible chauffé progressivement s’enflamme. Elle est susceptible de caractériser la plus ou moins grande vivacité des reprises et la rapidité des départs.
La ^combustibilité, qui correspond à la faculté du charbon de brûler plus ou moins rapidement.
La réactivité, qui est l’aptitude du combustible à assurer correctement la transformation du gaz carbonique en oxyde de carbone et la dissociation de la vapeur d’eau.
On peut, par exemple, l’apprécier en faisant passer du gaz carbonique dans un tube réfractaire contenant du charbon granulé et en mesurant le volume de l’oxyde de carbone formé à 1.000° durant quinze minutes, dans les produits recueillis à la sortie du tube.
A ces caractéristiques des combustibles forestiers, on peut encore ajouter :
La porosité exprimée par le poids de vapeur d’eau fixée sur
une quantité connue de combustible dans des conditions bien déterminées.
I.a composition chimique, enfin, qui est de nature ? compléter utilement les précédentes déterminations.