‹ Les généraux bernoisChapitre 83 sur 113 · CHlHUES-IiOUIS Il'ÈRLAC · texte numérisé non relu

CHlHUES-IiOUIS Il'ÈRLAC

Comte du S^Empire, seigneur de Hindelbank, BSriswyl, Urtenen et Hattstetten , il naissait le 8 novembre 4746. Il avait pour arrière-grandpère Tavoyer JérC^me d'Erlach (N** 42) et pour grand-père l'avoyer Albert- Fréd^c. Sa mère Marguerite Seigneuret était nièce de lord Suton. Charles- Louis servit comme officier aux gardes-suisses de France de 4763 à 4772, sous le nom de baron d'Eriach de Jegistorf, terre que vendit son père. Il eut l'occasion de sauver la vie au jeune duc de Castries, ce qui lui valut l'appui de cette famille et son introduction dans la haute société française. La princesse Charlotte de Lorraine, fille de madame de Brionne, le distingua et l'eût épousé s'il avait voulu se faire catholique. Elle devint abbesse du chapitre noble et royal de Remiremont et lui apparut on songe, à Oberhofen, à l'heure de sa mort comme pour lui dire un dernier adieu. Quant à lui, il était en 1774 mestre-dc-camp (colonel) attaché sans appointements au régiment français des dragons de Schomberg, oii il obtenait une compagnie en 1775 et dont il devenait commandant en 4784. Chevalier du Mérite militaire dès 4782, il passait roaréchal-decamp en 4790 et quittait le service.

Il était mis avec le grade de général-major à la tête des milices bernoises envoyées au Pays de Vaud du 4" août au 40 octobre 4794. Le 45 décembre 1797, on lui confiait le commandement de celles qu'on a|>pela sous les drapeaux dans la prévision de l'invasion française. Le Pays de Vaud une fois perdu pour Berne, d'ËrIach eut sous ses ordres une première division établie à Morat et vers le 20 février 4798 toute l'armée bernoise, à condition de remettre son commandement au général zurichois Hotze, qui arriva trop tard pour prendre part à la lutte. Après s'être vu retirer par le parti de la paix les pleins-pouvoirs qu'il avait obtenus en présence du conseil souverain, il prévit ce qui devait résulter de l'indiscipline et de la désorganisation des milices et dit le 4 mars à son entourage: «Connaissez-vous une situation plus malheureuse que celle d'un général de milices qui a les mains liées? J'y perdrai ma vie, mais ce qui est pire, j'y perdrai l'honneur.» «

Avec le pressentiment qu'O ne verrait plus le coucher du soleil, . très souffirant et le cœur déchiré, il échappait le lendemain à la balle d'un assassin, était repoussé du Grauholz par l'ennemi; ne pouvant plus sauver la ville de Berne ^ il gagnait l'Oberland pour organiser une résistance ultérieure. Hais k Ober-Wichtrach il était massacré de la manière la plus barbare par les milices et le landsturm et enseveli secrètement dans le cimetière voisin. Rien n'indique le lieu oh repose cet homme digne d'un meilleur sort. Il laissa deux fils en bas âge, qu'il avait eus de Marguerite de Murait, précédemment mariée à Abraham de Gràffénried (1^ 93).

On l a dépeint comme un preux dans toute 1 acception de ce mot. Ses manières étaient polies, mais empreintes d'unv certaine hauteur; son port noble et gracieux, son esprit sarcastique, sa répartie vive et saillante. En voici un exemple :

A l'Oeil-de-Bœuf de Versailles un gentilhomme français s'approcha de lui et, l'interpellant tout haut, lui dit: «Est-il vrai qu'on ne rit jamais en Suisse?» — » Allez-y, monsieur le marquis, soyez sûr qu'on y rira. » Telle fut la réponse.

D'Erlach avait, au reste, su gagner la confiance du peuple. Il possédait beaucoup de bonnes qualités et de talents. Son extérieur avait enfin quelque chose d'imposant et même d'héroïque.

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