LUI
1798, 24 décembre. — Popoli (Abruzzes).
POINT (François-Hilarion), né à Montélimar (Drôme) le 14 avril 1759. Entré au service dans le régiment de cavalerie Royal-Champagne le i" avril 1779, il devint maréchal des logis le 11 septembre 1784 et adjudant le !*''■ janvier 1789. Congédié le 21 août 1790, il fut élu, le 6 novembre 1791, capitaine au i"'" bataillon des volontaires de l'Isère, avec lequel il fit la campagne de Savoie en 1792. Chef en 2" du 2" bataillon du ]\Iont-Blanc le 15 mai 1793, adjudant général chef de brigade provisoire le 16 septembre suivant. Point fut promu général de brigade le 16 vendémiaire an II (7 octobre 1793). Il assista au siège de Toulon (décembre 1793), passa à l'armée des Pyrénées-Orientales, puis en janvier 1795 à celles des Alpes et d'Italie. Attaché à la division Augereau, où il avait sous ses ordres les 45" et 51" demi-brigades, il fut détaché, le 21 nivôse an V (10 janvier 1797), auprès du général Balland. Le 25 (14 janvier), il commanda l'aile gauche au combat d'Anguiary, dans lequel l'arrière -garde du général autrichien Provera fut culbutée et détruite. Le 17 pluviôse (5 février), il était à Trévise avec sa brigade. Le 8 août 1798 il commanda les troupes de la flottille destinées à une descente en Angleterre. Parti du Havre, il soutint vaillamment un combat contre deux frégates anglaises, mais il dut rentrer dans l'Orne. Il servait dans l'armée de Naples, sous les ordres de Championnet, et faisait partie de la division Lemoine quand il fut tué à l'attaque de Popoli, sur le pont, à la
tête de ses gre- '^^''"^^'-y/Mtyia^l-J) t^^^^^tx^ ojJ^-^^ nadiers, le 4 ni- , ^ «^ • >'^-
vôse an VII (24 décembre 1798).
[1799] BOISGERARD 57
1799, 7 janvier. — Caiazzo, près de Capoue (Italie).
BOISGERARD (Anne-Marie-François Barbuat de Maison Rouge de), né à Tonnerre (Yonne) le 8 juillet 1767. Entré à l'école de Mézières comme sous-lieutenant le !'■'■ janvier 1789, il en sortit comme lieutenant en 2" du génie le 4 septembre 1791. Il se signala sous Custine à la prise de Spire (30 septembre 1792) et devint capitaine le 8 novembre 1792. Il fut un des défenseurs de Mayence et montra tant de talents et de valeur que le conseil de guerre le nomma provisoirement, le 30 juin, chef de bataillon. Il suivit Kleber en Vendée et devint son chef d'état-major. Le 19 septembre 1793 il se distingua au combat de Torfou, et, le 6 octobre, à celui de TifFauges. Il revint à l'armée du Nord et prit une part active aux sièges de Charleroi (25 juin 1794), de Landrecies (16 juillet), du Quesnoy, où il fut blessé le 15 août, et de Valenciennes (27 août 1794). Ces services lui valurent d'être nommé, le 11 vendémiaire an III (2 octobre 1794), chef de bataillon provisoire ; c^est en cette qualité qu'il coopéra à la prise de ]\Iaestricht le 4 novembre 1 794. Chef de brigade provisoire le 24 pluviôse an III (12 février 1795), confirmé chef de bataillon le i^' thermidor an III (19 juillet 1795), puis chef de brigade le 16 prairial an IV (4 juin 1796), à l'armée du Rhin, Boisgérard alla commander le génie à l'armée d'Angleterre. Promu général de brigade le 22 messidor an IV (10 juillet 17^6), il fut un des défenseurs de Kehl en novembre 1797 et passa, en 1798, à l'armée de Rome sous les ordres de Championnet. Chargé de diriger le siège de Capoue le 16 niv^ôse an VII (5 janvier 1799), il était en reconnaissance près du village de Caiazzo dans la nuit du i 7 au 18 nivôse (7 janvier), quand il eut la poitrine traversée d'un coup de feu. Il tomba au pouvoir des Napolitams,
58 BOISGÉRARD — VIGNES [1799]
qui le rendirent aux Français lors de l'armistice conclu par Championnet (i I janvier). Boisgérard, transporté à Capoue, succomba aux suites de sa blessure le 21 pluviôse an VII (9 février 1799). Il a laissé en manuscrits plusieurs importants mémoires d'histoire militaire.
1799, 26 mars. — Legnago (Italie).
VIGNES (François-Félix), né à Montpellier (Hérault) le 5 octobre 1769. Sous-lieutenant d'infanterie dans la légion du Nord en décembre 1792, lieutenant en octobre 1793, il fit la guerre de Vendée et fut fait prisonnier. Adjoint aux adjudants généraux le i*""" germinal an II (21 mars 1794), il devint capitaine et aide de camp du général Joba le 3 messidor an III (21 juin 1795). Il fut élu chef du i" bataillon de Parthenay le 26 messidor an III (14 juillet 1795) et servit à l'armée de Rhin-et- Moselle dans la division du général Beaupuy, qui le prit en affection. Commandant provisoire de la 208'' demibrigade en octobre 1795, il en devint chef titulaire le 17 brumaire an IV (8 novembre 1795). En avril 1796 il passa à la 75' demi-brigade, puis en juin à la sô". Il se distingua, sous les ordres du général Ferino, au passage du Rhin le 26 messidor an IV (14 juillet 1796), et devint chef de la 56' demi-brigade le 2 pluviôse an V
VIGNES — PIJON
ID
(21 janvier 1797). Vignes servait à l'armée d'Italie sous
les ordres de Scherer quand il fut promu général de
brigade le 1 7 pluviôse
an VII (5 février 1799).
Il périt à la bataille de
Legnago le 6 germinal
an VII (j6 mars 1799).
1799, 5 avril. — Magnano (Italie).
PIJON (Jean-Joseph-Magdelaine), né à Lavaur (Tarn) le 7 septembre 1758. Enrôlé volontaire au régiment de Condé infanterie le 29 juin 1777, il fit la campagne de 1778 sur le vaisseau le Duc-de-Bourgogne et fut blessé, le 18 juillet^ au combat naval d'Ouessant. Il devint caporal le i"" août 1781, sergent le 4 septembre 1784, fourrier le 4 octobre 1785 et sergent-major le i*""^ janvier 1791. Adjudant-major au i-"" bataillon de volontaires de la Haute-Garonne le i" février 1 792, il prit part, le 12 juillet suivant, à l'affaire du camp de Jalès. Lieutenant-colonel en second le 10 novembre 1792, il montra, à l'armée d'Italie, la plus grande valeur aux attaques du camp de Lauthion les 8 et 12 juin 1793. Chef de bataillon, par suite de l'amalgame, à la 21" demi-brigade de bataille le 22 octobre 1793 et chef de brigade le 21 décembre suivant, Pijon se signala encore à l'attaque du Mont-Cenis (mai 1794) et au combat de Carcare (19 septembre). Nommé général de brigade provisoire le 3 décembre 1 794, il fut confirmé le 13 juin 1795. Il se distingua dans la campagne de 1796, où il commandait l'infanterie légère de la division jMasséna. Le 3 août 1796 il fut entouré et fait prisonnier par les Autrichiens à Lonato, mais bientôt délivré. Le 3 septembre il s'empara de Canzano, après une lutte sanglante ; le 4 il prit part à la bataille de Rove-
6o PIJON — CAFFARELLI DU FALGA [1799
redo ; le 1 1 il faillit être pris de nouveau au combat de Céréa et, le 15, il assista à la bataille de Saint-Georges. Pijon passa ensuite à l'armée d'Helvétie sous les ordres de Brune. Il prit d'assaut Fribourg le 2 mars 1798, passa la Sarine le 5, à une heure du matin, et attaqua les Suisses à Neuenegg; après avoir dispersé les avantpostes bernois, il dut battre en retraite devant un retour offensif de l'ennemi. Après la fin de la campagne Pijon suivit Brune en Italie et fut attaché à la division Victor. Il coopéra, le 26 mars 179g, à la victoire de Sainte-Lucie et fut blessé, le 5 avril suivant, à la bataille de Magnano. Il mourut le même jour à Isola délia Scala, près de Vérone.
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1799, 9 avril. — Devant Saint-Jean-d'Acre (Syrie).
CAFFARELLI DU FALGA (Louis-Marie-Joseph- Maximilien de), né au château du Falga (Haute-Garonne) le 13 février 1756. Lieutenant en 2' à l'école de Mézières en 1775, aspirant le i"" mai 1777, lieutenant en l'^Mê 22 mai 1781, il fut promu capitaine du génie le i"" avril
1791 . Attaché à l'armée du Rhin à Strasbourg le 25 mars
1792, il était à Wissembourg, quand, le 17 août 1792, il fut suspendu par les commissaires de l'Assemblée nationale Carnot, Coustard, Prieur et Ritter, pour avoir refusé de prêter serment au nouveau gouvernement. Il se
[1799] CAFFARELLI DU FALGA 6i
rendit alors à Bourbonne-les-Bains. Pache l'attacha au ministère de la guerre. Après la chute de ce ministre, Caffarelli fut incarcéré pour incivisme. Il sortit de prison en décembre 1794 et se retira au Falga. Sur ses instances il fut rappelé au service comme chef de bataillon du génie le 16 germinal an III (5 avril 1705). Il alla servira l'armée de Sambre-et-Meuse sous Jourdan et il se distingua au passage du Rhin (6 septembre 1 795). Il fut nommé chef de brigade le 24 vendémiaire an IV (16 octobre 1 795). Le i 7 frimaire an IV (8 décembre 1795), Caffarelli était avec la division de Marceau à Meisenheim quand ce général fut attaqué par des forces supérieures et contraint de battre en retraite. Toujours aux côtés de INIarceau, il arrivait près de Staudernheim, sur les bords de la Nahe, quand un des derniers boulets de canon lancés par l'ennemi lui enleva la jambe gauche. Transporté à Luxembourg, il y subit l'amputation et fut récompensé de ses services par le grade de général de brigade, le 26 frimaire an IV ( 1 7 décembre 1795). A peine rétabli de sa blessure, il regagna l'armée avec une jambe de bois. Le 28 février 1796, il fut élu membre associé non résident de la 2*" classe de l'Institut. Bonaparte l'emmena en Egypte et lui donna le commandement du génie (mai 1798). Caffarelli montra une ardente bravoure au combat de Salahieh (6 août 1798) et fortifia le Kaire (novembre 1798). Il accompagna Bonaparte dans l'expédition de Saint-Jean-d'xVcre (mars 17Q9) et coopéra activement au siège de cette ville. Le 9 avril, quoique malade, il visita la tranchée et fut atteint d'une balle qui lui fracassa le coude droit. Amputé par le chirurgien Larrey, il succomba à sa blessure le 27 avril 1799, et fut enterré près de Saint-Jean-d'Acre, où on lui éleva un tombeau.
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62 ARGOD [1799]
1799, 27 avril. — Cassano (Italie).
ARGOD (François), né à Valence (Drôme) le 15 mai 1759. Maître d'écriture, il s'engagea au régiment d'artillerie deToul en novembre 1777, mais il fut congédié en octobre 1778 pour défaut de taille. Il s'enrôla de nouveau dans le régiment Royal-Champagne (futur 19'' de cavalerie) le 3 mars 1780, devint brigadier le i" mai 1783, maréchal des logis le i*"" mars 1785, adjudant le 9 juillet 1786, et fut, comme Point, renvoyé, le 21 août 1790, pour avoir pris part à une révolte contre ses officiers. Nommé adjudant-major au 3^ bataillon de la Drôme le 1 1 octobre 1791, capitaine de grenadiers le 21 février 1792 et chef du 5" bataillon des Bouches-du-Rhône le 4 août suivant, il partit alors pour l'armée d'Italie et se distingua au siège de Toulon, où les représentants lui conférèrent le grade d'adjudant général chef de brigade le 27 frimaire an II (17 décembre 1793). Envoyé à l'armée des Pyrénées-Orientales, il prit part à la bataille du Boulou (30 avril et i" mai 1794) et aux sièges de Saint-Elme (mai 1794) et de Roses (3 février 1795). Argod passa à l'armée d'Italie, où il exerça les fonctions de chef d'étatmajor du général Victor et se signala par sa bravoure à la bataille de la Favorite le 27 nivôse an V (16 janvier 1797). Désigné pour servir sur le Rhin, il fut renvoyé, sur sa demande, à l'armée d'Italie (juin 1798). Il fut attaché à la division Victor et prit une part glorieuse à la victoire de Vérone le 26 mars 1799. Il venait d'être nommé général de brigade provisoire lorsqu'il périt, le 27 avril suivant, à la funeste bataille de Cassano.
[1799] RAMBEAUD 6j
1799, 8 mai. — Saini-Jean-d'Acre (Syrie).
RAMBEAUD (François), né à Voiron (Isère) le 20 mai 1745. Engagé au régiment de Conti (futur 91^ d'infanterie) le i'"'' février 1762, il devint sergent de grenadiers le i"juin 1767, fourrier le 5 juin 1775, sergent-major de fusiliers le 9 août 1777, porte-drapeau le 28 février 1778, sous-lieutenant de grenadiers le 4 septembre 1783 et reçut la croix de Saint-Louis le 5 mai 1791. Lieutenant le 15 septembre 1791, capitaine le 22 mai 1792, capitaine de grenadiers le 1 1 septembre suivant, il servit à l'armée d'Italie sous les ordres de Dagobert et s'empara sur les Autrichiens, le 14 février 1793, de la ville de Sospello. Il fut atteint d'une balle au cou dans l'affaire du 8 juin 1793, ce qui lui valut d'être nommé, le 25, adjudant général chef de bataillon. Confirmé dans ce grade le 21 août
1793, adjudant général chef de brigade le 25 février
1794, confirmé le 13 juin 1795, il se distingua, sous les ordres de Serurier, au combat de Saint-Martin de Lantosca le i" septembre 1795. Rambeaud resta à l'armée d'Italie et reçut une nouvelle blessure, le 16 janvier 1797, à la bataille delà Favorite. Il fut compris dans l'armée d'Orient et partit pour l'Egypte (mai 1798). Bonaparte l'emmena dans l'expédition de Syrie. Le 7 mars 1799, Rambeaud montra la plus grande valeur à la prise de Jaffa et fut nommé, le 13 du même mois, général de brigade. Le 8 mai suivant il monta à l'assaut de Saint-Jeand'Acre, à la tête de ses grenadiers, et pénétra dans la ville par la brèche avec deux cents des siens. Coupé du reste de la division, il se réfugia dans une mosquée et périt glorieusement avec la plupart de ses intrépides soldats.