LXXIV
1801, 21 mars. — Alexandrie (Egypte).
LANUSSE (François), né à Habas (Landes) le 3 novembre 1772. Négociant à Limoges avant la Révolution, il entra dans la garde nationale d'Agen en 1789, y demeura jusqu'au i" mars 1792 et le 8 devint lieutenant de la compagnie des grenadiers de Limoges. Passé le 5 février 1793 au 5^^ bataillon de la Haute-Vienne, sergent le 10 du même mois, il fut nommé, le 12, capitaine, et commandant en second le 10 juin. Il fit la campagne de Vendée et obtint les grades de chef de bataillon le 12 septembre 1793 et d'adjudant général chef de brigade provisoire le 24 novembre 1794. Il servit en cette qualité à l'armée des Pyrénées-Orientales. Non compris dans l'organisation du 13 juin 1795, il cessa provisoirement ses services. Le général Haquin, chargé de rassembler et de conduire des troupes à l'armée d'Italie, ayant été autorisé à s'adjoindre des généraux et des adjudants généraux, Lanusse fut chargé, le 17 ventôse an IV (7 mars 1796), delà conduite d'une de ces colonnes. Le 16 avril 1796 il se distingua au combat de Dego et il pénétra dans cette ville à la tête de la 8*^ légère. Sa belle conduite lui valut le grade de général de brigade le i^"" mai suivant, en remplacement du général Causse, frappé mortellement à Dego. Le 8 il prit part au combat de Fombio. Le 6 novembre 1796 Lanusse fut blessé grièvement à l'affaire de la Brenta et tomba au pouvoir de l'ennemi. Il accompagna Bonaparte dans l'expédition d'Egypte et se distingua en maintes occasions. Le 20 mai 1799 il défit les troupes du fameux imposteur El-Mohdhy, qui périt dans le combat. Le 25 juillet il prit une part active à la victoire d'Aboukir sous les ordres de Rampon. En octobre 1799, Lanusse commandait à Damiette. Le 19 brumaire an VIII (10 novembre 1799), il fut appelé
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par Kleber au commandement du ^^ arrondissement, dont le siège était à Alexandrie. Le 18 nivôse (8 janvier i8oo), il reçut l'ordre de venir au Kaire avec tout ce qu'il pourrait réunir d'infanterie et de cavalerie, et, le 24 (14 janvier), il remplaça Friant dans le commandement des colonnes mobiles destinées à couvrir le Kaire. Le 6 pluviôse (26 janvier 1800), il fut nommé général de division et ne fut confirmé dans ce grade que le 16 fructidor an VIII (6 septembre 1800). Dès lors Lanusse fut le plus habile lieutenant de Menou. Aussi, quand la flotte anglaise arriva devant la rade d Aboukir (i^"" mars 1801), fut-il aussitôt appelé par son chef. Arrivé le 8 mars à Rahmanieh, il entendit le canon du combat que Friant livrait à Aboukir pour s'opposer au débarquement des Anglais, et courut au secours de son camarade, avec lequel il effectua sa jonction sur les hauteurs de Xicopolis, en avant d'Alexandrie. Tous deux essayèrent, le 13 mars, près du lac Maadieh, d'arrêter la marche de l'ennemi, mais, accablés par le nombre, ils se retirèrent après une lutte héroïque, où Lanusse fut légèrement blessé. Celui-ci fournit à Menou, sur sa demande, un plan d'attaque combiné avec le général Reynier. Le 21 mars 1801, Menou livra la bataille d'Alexandrie. Au point du jour, Lanusse lança sa division à l'attaque des redoutes anglaises. Comme la brigade Valentin reculait sous le feu de l'ennemi, il la rallia et la ramena à la charge, mais il tomba, le genou gauche fracassé par un biscaïen. Amputé sur le champ de bataille, il mourut deux heures plus tard.
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g^ BAUDOT [iSoil
1801, 21 mars. — Alexandrie (Egypte).
BAUDOT (Auguste-Nicolas), né à Rennes (lUe-et- Vilaine) le 15 février 1765. Il entra au service en qualité de capitaine au i" bataillon d'Ille-et- Vilaine le 12 septembre 1791, fit la campagne de 1793 à l'armée du Nord et fut nommé adjoint aux adjudants généraux le 5 pluviôse an II (24 janvier 1794). Aide de camp du général Moreau en avril 1794, il se fit remarquer, le 29 juillet, par son intrépidité à la prise de l'île de Cassandria. Le premier il se jeta à la nage pour conduire sur la rive opposée le premier bateau de grenadiers. Le 27 thermidor an II (14 août 1794), il fut nomm.é capitaine au 10® dragons, mais il n'accepta pas. Le i*"" floréal an III (20 avril 1795), il fut confirmé aide de camp de Moreau qu'il suivit à l'armée de Rhin-et-Moselle, puis fut promu chef de bataillon le 5 pluviôse an IV (25 janvier 1 796), et chef de brigade le 9 frimaire an V (29 novembre 1796). Devenu aide de camp de Kleber en 1 798, il accompagna son général en Egypte (mai 1798). Il assista à la victoire d'Héliopolis le 20 mars 1800. Le vizir Nassif-Pacha ayant demandé à capituler, Kleber lui envoya son aide de camp Baudot; mais celui-ci, arrivé auprès des Turcs, fut assailli par eux, blessé à la tête et à un bras et conduit à grand'peine au vizir, qui le retint en otage. Echangé à Damiette le 23 août 1800, Baudot fut promu général de brigade par Menou le même jour et attaché, le 22 septembre 1800, à la division Reynier. L'année suivante il prit part, le 21 mars 1801, à la bataille d'Alexandrie et tomba blessé en conduisant la 85'" demi -brigade. Il mou--"— \jr:r>^' "^ T vJ^^^T-^^^^"""*^ rut le 29.
[l8oil ROIZE
1801, 21 mars. — Alexandrie (Egypte).
ROIZE (César- Antoine), né à Toulon (Var) le 8 juillet 1761. Entré au 12" dragons le 6 avril 1778, il devint brigadier le 2 janvier 1785, maréchal des logis le 20 décembre suivant, adjudant le 15 septembre 1791, souslieutenant le II septembre 1792, lieutenant le 15 janvier 1793 et capitaine au i^"" hussards le 5 avril suivant. Il servit aux armées du Nord, des Alpes et d'Italie. Sa belle conduite aux batailles de Céréa, de Castellaro, de Due Castelli et de Saint-Georges (12, 13, 15 et 16 août 1796), lui valut d'être nommé par Bonaparte chef d'escadron au 20- dragons le 17 nivôse an V (16 janvier 1797). Il fit partie de l'expédition d'Egypte, devint adjudant général le 10 février 1799 et montra une grande valeur et une réelle habileté en enlevant les redoutes turques avec ]\Iurat le 25 juillet 1799 à la bataille d'Aboukir. Il remplit ensuite les fonctions de chef d'état-major de la division de cavalerie et fut chargé, le i" décembre 1799, de dissiper des rassemblements dans le Delta. Le 25 avril 1800 Roize se distingua à la reprise du Kaire et fut promu général de brigade par Kleber sur le champ de bataille. Le 15 août suivant il fut nommé par JNIenou inspecteur général de la cavalerie sous les ordres du général Le Clerc d'Ostein, qui mourut peu après et qu'il remplaça, le 14 septembre, dans le commandement en chef de toute la cavalerie de l'armée d'Orient. A la funeste bataille d'Alexandrie, le 2 1 mars 1801, Roize ayant reçu de Menou l'ordre de charger la ligne anglaise, pour essayer de rétablir le combat, s'élança à la tête de ses dragons, fit des prodiges de valeur et périt avec un grand nombre des siens.
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1804, 1*"' janvier. — Sur la mer des Antilles.
NOAILLES (Louis-Marie, vicomte de), né à Paris le 1 7 avril 1 7 56. Second fils du maréchal de Mouchy, il entra, sous le nom de chevalier d'Arpajon, dans la compagnie écossaise des gardes du corps du Roi le 14 décembre 1 768. Sous-aide-major surnuméraire au régiment de Noailles le 6 novembre 1771, aide-major surnuméraire avec rang de capitaine le 2 mars 1773, sous-aide-major titulaire le 23 avril 1775, il prit cette même année le titre de vicomte de Noailles et fut réformé à la nouvelle organisation du II juin 1776. Employé comme aide-maréchal général des logis surnuméraire en Bretagne et en Normandie le i" juin 1778, il obtint le rang de mestre de camp de cavalerie le 17 avril 1779 et devint, le 22 août suivant, mestre de camp en second du régiment du Colonel-général des hussards. Il accompagna en Amérique son beaufrère La Fayette et fit les campagnes de 1779, 1780 et 1781, Il se distingua à la prise delà Grenade par l'amiral d'Estaing (4 juillet 1779), reçut la croix de Saint-Louis le 20 janvier 1780 et passa, le 8 mars suivant, au régiment de Soissonnais. Devenu un des meilleurs lieutenants de Rochambeau, il prit une part très active au siège de York-Town et fut chargé de régler les conditions de la capitulation de cette place (19 octobre 1781). De retour en France, il fut promu mestre de camp lieutenant commandant du régiment de dragons du Roi le 27 janvier 1782 et mestre de camp du régiment des chasseurs d'Alsace le 10 mars 1788. Le 16 mars 1789 le vicomte de Noailles fut élu par la noblesse du bailliage de Nemours député aux États généraux. Il se montra d'abord le défenseur des privilèges de son ordre et vota, le 6 mai, *contre la vérification des pouvoirs en commun, mais,
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dans la nuit du 4 août, il se prononça au contraire pour l'égale répartition des impôts, pour le rachat des droits' féodaux et pour la suppression des corvées. En sa qualité de membre du comité militaire, il présenta, le 1 3 août 1789, un plan de réorganisation de l'armée. Le 20 janvier 1790 il vota le maintien de leurs droits aux juifs de Bordeaux et le 31 mars parla en faveur de Tégalité civile des juifs. Membre assidu de la société des Amis de la Constitution, il y prit souvent la parole. Le 19 juin 1790 il proposa à l'Assemblée et fit adopter l'abolition des titres de noblesse et des livrées. A la fête de la Fédération (14 juillet 1790), il marcha à la tête du Comité militaire, dont il était vice-président, Le 22 décembre 1790 il fit décréter l'organisation de la gendarmerie nationale. Le 26 février 1791 il fut élu président de l'Assemblée. Le 8 avril il demanda que tout citoyen fît le service de la garde nationale ; le 29 il se prononça pour l'admission des soldats dans les sociétés patriotiques ; le 5 mai il appuya la création des petits assignats; le 29 mai il fut envoyé par l'Assemblée à Colmar pour se mettre pendant quinze jours à la tête de son régiment et rétablir l'ordre dans la ville. Le 5 septembre 1791 il demanda la mise à l'étude d'un plan d'opération pour la défense de toutes les parties de l'empire et son discours fut imprimé par ordre de l'Assemblée. Lorsque celle-ci se fût séparée, le vicomte de Noailles fut promu maréchal de camp le 28 novembre 1791 et chargé du gouvernement de Sedan. Il se rendit ensuite à l'armée du Nord et campa entre Valenciennes et le Quesnoy (avril 1792). Il donna sa démission le 27 mai 1792, après la déroute de Quiévrain et sous le prétexte de l'indiscipline de l'armée. Il émigra en Angleterre, puis passa aux Etats-Unis en avril 1793 et s'établit à Philadelphie. Il ne revint pas en France, mais, au mois d'octobre 1802, s'étant rendu à Saint-Domingue pour ses affaires, il obtint du général en chef Leclerc d'être employé comme général de brigade. Le vicomte de Noailles