CHAMPEAUX
ment de chasseurs des Cévennes le \i août 1785, souslieutenant à pied le 27 septembre 1785 et à cheval le 28 décembre 1786, il passa au régiment de chasseurs à cheval de Bretagne le 6 mai 1788 et fut promu lieutenant le 19 avril 1792. Détaché en qualité de commandant de la compagnie des guides à l'armée du Rhin le 27 mai 1 792, il fut confirmé dans le grade de lieutenant le 17 juin et devint capitaine le .1" septembre et chef d'escadron au 10e chasseurs à cheval le 8 octobre. Champeaux, élevé au rang de chef de brigade le 8 mars 1793, fut suspendu comme noble par les représentants du peuple Saint-Just et Le Bas le 8 novembre 1793 et interné à Auxerre. Il ne fut réintégré que le 2 février 1796 par Aubert Dubayet. Appelé par le Directoire, le 24 mars, au commandement du 12e hussards, il ne prit pas possession de ces fonctions, mais fut mis, le 27, à la disposition de Bonaparte, général en chef de l'armée d'Italie, qui le nomma commandant du 7e bis de hussards (futur 12e). Devenu chef de la 22e division de gendarmerie à Grenoble le 10 juin 1797, il reçut, le 6 mars 1800, le commandement de la gendarmerie du quartier général de l'armée de réserve et fut élevé au grade de général de brigade le 9 mars. Bonaparte lui confia les ier et 8e dragons au mois de mai. Le 14 juin, à la bataille de Marengo, Champeaux fut placé avec sa brigade derrière l'aile droite de l'armée. Dès le début de l'action il chargea les Autrichiens à la tête de ses dragons et tomba frappé d'un coup de feu à la poitrine. Transporté à Milan, il y mourut des suites de cette blessure le 28 juillet 1800.
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1800, 14 juin. — Marengo (Italie).
DESAIX (Louis-Charles-Antoine), ou plutôt des A/x, chevalier de Veygoux, né au château d'Ayat (Puy-de- Dôme) le 17 août 1768. Il fut admis à l'école royale militaire d'Effiat le 18 octobre 1776, puis entra au régiment d'infanterie de Bretagne (futur 46e d'infanterie) comme 3e sous-lieutenant en pied sans appointements le 20 octobre 1783 et devint sous-lieutenant le 8 juillet 1784. En garnison à Strasbourg, il remplit les fonctions d'aide de camp du colonel Mathieu Dumas (janvier 1791) et refusa de suivre son frère aîné dans l'émigration, ce qui le brouilla avec sa famille (avril). Promu lieutenant le 24 novembre 1 791, il fut nommé commissaire des guerres à Clermont le 20 décembre 1791 et prêta serment en cette qualité le 9 janvier 1792. Mais n'ayant pas les vingt-cinq ans exigés pour remplir cette fonction, Desaix dut l'abandonner et rentrer avec son grade de lieutenant au 46e d'infanterie le 13 mai 1792. Il fut promu capitaine le 23 mai, alla servir à l'armée du Rhin et devint, le ier juin 1792, aide de camp du général Victor Broglie. Le 12 août il vit le feu pour la première fois en accompagnant les généraux Custine, Kellermann et Broglie dans une reconnaissance en avant de Landau. Les Français rencontrèrent les Autrichiens, les chargèrent, mais furent contraints de reculer sur le camp d'Arzheim devant des forces supérieures. Desaix eut son cheval blessé et fit prisonnier un hussard hongrois. Quand les commissaires de l'Assemblée législative, Carnot, Coustard, Prieur et Ritter, vinrent faire prêter à l'armée le serment au nouveau gouvernement (15 août 1792), l'aide de camp de Victor Broglie suivit l'exemple de son général, mais ne fut pas, comme lui, suspendu. Cependant il crut devoir rejoindre
celui-ci à Bourbonne, mais il fut arrêté le 8 septembre, dans un village des Vosges, à la Chapelle-aux-Bois, emprisonné à Épinal, puis remis en liberté le 25 octobre. Le 28 novembre il demanda à Carnot-Feulint le commandement d'une compagnie au 46e de ligne et fut adjoint, le mois suivant, à l'état-major de l'armée du Rhin. En janvier 1793 Desaix fut chargé de la défense de \Vorms. Le 17 mai suivant il protégea la retraite de l'armée de Custine à l'affaire de Rùlzheim, et le 20 il fut promu adjudant général chef de bataillon. Le 20 août, dans un combat livré en avant de Lauterbourg aux Impériaux, il eut les deux joues traversées par une balle et fut nommé par les représentants général de brigade provisoire sur le champ de bataille. Le 14 septembre suivant il dirigea une des colonnes au combat de Xothweiler et chassa les Autrichiens de la forêt de Bienwald, mais, après la prise des lignes de Wissembourg, il battit en retraite et rejoignit le reste de l'armée à Reichstett le 20 octobre. Le jour même Desaix fut nommé général de division provisoire et commandant de l'avant-garde. Suspendu le 13 novembre 1793 par Bouchotte, comme parent d'émigrés, sur une dénonciation du comité de surveillance de Riom, il n'en resta pas moins à son poste et, au combat de Berstheim, le 2 décembre, il eut un cheval tué sous lui et fut contusionné. Le 27 il s'empara de Lauterbourg. L'année suivante, il servit sous les ordres du général Michaud. Le 23 mai 1794 il commandait la droite de l'armée près de Schifferstadt quand il fut attaqué par les Autrichiens. Il les repoussa victorieusement après un combat opiniâtre. Le 19 juin, au combat de Weistheim, il culbuta de nouveau les ennemis. Le 2 juillet il reprit l'offensive à Schweigenheim, mais une panique de ses troupes le força à battre en retraite. Il recommença son attaque le 13 avec plus de succès. Le 2 septembre 1794 Desaix fut confirmé dans son grade de général de division. Le 8 octobre il s'empara de Franc-
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kenthal, évacua cette place, le 12, devant des forces supérieures, la reprit le 15, en même temps que Grùnstadt, et entra, le 22, dans Alzey et Oppenheim. Enfin le 12 novembre il chassa les Autrichiens de Weisenau, un peu au-dessus de Mayence. Il campa devant cette ville pendant le terrible hiver de 1794 et 1795, et fut envoyé par Pichegru en juin 1795 avec sa division sur le haut Rhin, entre Brisach et Bâle. où, durant trois mois, il empêcha Wurmser de franchir le fleuve et de pénétrer en Alsace. Le 1 8 octobre il fut chargé par Pichegru de défendre le pont de Mannheim et se maintint jusqu'au 19, où il fut obligé de rétrograder. Le 10 novembre sur les lignes de la Pfrimm il soutint tout le choc de l'armée autrichienne et se retira ensuite sous les murs de Landau. Après la trêve du 25 décembre il fut appelé au commandement par intérim de l'armée de Rhin et Moselle.
La campagne de 1796 ne fut pas moins glorieuse pour Desaix, qui commandait le centre de l'armée de Moreau. Le 14 juin il dirigea une attaque sur le Rehebach et repoussa la cavalerie ennemie dans la plaine de Mutterstadt. Le 24, à une heure et demie du matin, il franchit le Rhin et vers midi s'empara du fort de Kehl. Le 28 il décida la victoire au combat de Renchen et prit une part importante aux batailles de Rastadt (5 juillet) et d'Ettlingen (9 juillet). Le 3 août 1796 il atteignit les Autrichiens près d'Aalen et les refoula ; le 11 il coopéra à la bataille indécise de Xeresheim ; le ier septembre il triompha au combat de Geisenfeld, après une lutte sanglante. Le 8, Desaix fut détaché par Moreau dans la direction de Nurenberg, mais il reçut bientôt l'ordre de rétrograder et il repassa le Danube le 16 septembre pour rejoindre le gros de l'armée. Ensuite continua la retraite, pendant laquelle il décida la victoire de Biberach (2 octobre) et prit part au combat malheureux d'Emmendingen (19 octobre). Dans la nuit du 20 au 21 octobre il passa le Rhin à Vieux-Brisach et fut chargé de défendre
Kehl contre le prince Charles. Le 22 novembre 1796 Desaix dirigea contre les Autrichiens une attaque qui ne réussit pas et au cours de laquelle il eut un cheval tué sous lui et reçut une forte contusion à une jambe. Il continua à se défendre héroïquement et n'évacua Kehl que le 10 janvier 1797, en vertu d'une convention conclue la veille avec l'ennemi. Le 3 1 janvier il remplaça par intérim Moreau dans le commandement de l'armée de Rhin et Moselle jusqu'au 19 avril. Le 20 de ce mois il passa le Rhin à Diersheim et fut atteint d'une balle à la cuisse en chargeant à la tête de ses troupes. Il fut transporté à Strasbourg, pendant que les préliminaires de paix signés à Leoben interrompaient brusquement la campagne. Rétabli à la fin du mois de mai, Desaix partit, le 19 juillet 1797, pour aller rejoindre Bonaparte en Italie et il arriva le 28 à Milan. Il alla ensuite visiter les célèbres champs de bataille d'Italie, assista aux conférences d'Udine et repartit, le 18 septembre, pour remplir une mission en Allemagne. Le 26 octobre suivant il fut nommé commandant en chef provisoire de l'armée d'Angleterre, que devait conduire Bonaparte, et fut envoyé à Rennes. Il visita les ports de l'Océan, et notamment Brest (14 février 1798). Enfin le 16 mars 1798 il partit pour Civita- Vecchia, où une portion de l'armée devait s'embarquer. Il arriva à Rome le 2 avril et partit de Civita-Vecchia sur la frégate la Courageuse le 26 mai 1798.
Desaix était, le 8 juin 1798, en vue de l'île de Malte et, le lendemain 9, il fut rejoint par la flotte partie, le 19 mai, de Toulon. Il dirigea l'attaque du fort de Marsa-Sirocco et resta quelques jours à Malte après le départ de la flotte (19 juin). Il rattrapa celle-ci devant Candie et, lors du débarquement à Alexandrie, il marcha à l'avant-garde à la tête de sa division. Il déploya la plus grande bravoure aux batailles de Chébreiss (13 juillet) et des Pyramides (21 juillet), et fut nommé, le 7 août, commandant de la province du Caire. Chargé par Bonaparte d'aller
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conquérir la haute Egypte, il s'embarqua à Boulaq le 25 août 1798 et remonta le Nil. Le 31 il s'arrêta non loin des ruines d'Héraclée. Le 3 septembre il défit les Marnelucks à Behneceh et, le 7 octobre, Mourad-Bey à Sédiman. Il fut frappé d'une cécité momentanée, alla trouver Bonaparte au Kaire et revint à Beni-Soûef le 16 décembre. Il arriva, le 29 décembre, à Girgèh, battit Mourad-Bey à Samanhout le 22 janvier 1799, visita, le 24, Denderah, et, le 25, Thèbes. Enfin il parvint le ier février avec son armée victorieuse en face d'Assoûan, aux confins de l'Egypte. Desaix redescendit ensuite le Nil, atteignit, le 5 mars, Mourad-Bey, le contraignit à se retirer dans les déserts de la Libye et soumit tout le pays. Le 2 avril 1799 il battit de nouveau les Mamelucks. Il se montra si bon et si paternel administrateur qu'il reçut des habitants le beau surnom de Sultan Juste. Le 14 août Bonaparte lui envoya un sabre sur lequel il avait fait graver ces mots : Conquête de la haute Egypte. Le 24 il prévint Desaix de son départ pour la France et lui prescrivit de venir le rejoindre. Desaix visitait la vallée des Tombeaux à Thèbes, quand il reçut cette nouvelle (2 septembre 1799). Il continua son œuvre et culbuta les cavaliers de Mourad-Bey à Sédiman le 9 octobre 1799. Rappelé par Kleber, il arriva au Kaire le 16 octobre. Il remplit la pénible mission de discuter avec l'amiral anglais Sidney-Smith les conditions de l'évacuation de l'Egypte et signa à regret la convention d'el Arich le 24 janvier 1800. Le i'r février il rentra au camp de Salahieh et obtint de Kleber l'autorisation de revenir en France. Il quitta le Kaire, descendit le Nil jusqu'à Rosette et gagna ensuite Alexandrie (21 février). Il s'embarqua, le 4 mars, sur un bâtiment ragusais. Après avoir relâché à Coron (Morée) et à Sciacca (Sicile), il arriva en vue des îles d'Hyères au commencement d'avril, mais fut pris par la frégate anglaise la Dorothée et conduit à Livourne où l'amiral Keith, malgré les sauf-con-
duits de Sidney-Smith, fit enfermer dans le lazaret et traita en prisonniers de guerre le général et ses compagnons. Enfin, le 29 avril, Desaix fut relâché et arriva, le 5 mai, à Toulon, où on lui imposa une quarantaine de trente jours. Il écrivit aussitôt au premier consul pour se mettre à ses ordres et, dès qu'il fut libre, il partit pour l'Italie. Le 11 juin 1800 il arriva au quartier général de Stradella, où Bonaparte lui confia le commandement de deux divisions. Dans la soirée du 13 il reçut l'ordre de se diriger sur Novi. Le lendemain 14 juin 1800, il était en route quand il entendit le bruit du canon. Il changea aussitôt son itinéraire et marcha au canon avec une rapidité extrême. Il arriva sur le champ de bataille de Marengo vers trois heures de l'après-midi, au moment où les Français se retiraient devant les Autrichiens victorieux. Aussitôt Bonaparte reprit l'offensive; Desaix conduisit ses troupes fraîches à l'attaque et tomba presque aussitôt frappé d'une balle au cœur, au moment où il ramenait par sa présence la victoire sous nos drapeaux. Le 5 messidor an VIII (24 juin 1800) les Consuls arrêtèrent que le nom du général Desaix serait inscrit sur la colonne nationale et qu'une médaille serait frappée en son honneur. Le 8 (27 juin), ils décidèrent que son corps serait transporté au couvent du Grand-Saint-Bernard, où un tombeau lui serait érigé. Le icr thermidor (20 juillet 1804), ils accordèrent à la mère de Desaix, née Beaufranchet d'Ayat, âgée de soixante-six ans, une pension annuelle de trois mille francs, qui fut reversée, après sa mort, par arrêté du 27 fructidor an X (14 septembre 1802), sur la sœur du général. Enfin un monument fut élevé à la mémoire de Desaix au moyen d'une souscription nationale sur la place Dauphine à Paris.
1800, 14 juin. — Le Kaire (Egypte).
KLEBER (Jean-Baptiste), né à Strasbourg le g mars 1753. Il vint étudier l'architecture à Paris sous la direction de Chalgrin en 1772, retourna à Strasbourg en 1775, puis se rendit à Munich, où il fut admis à l'école militaire de cette ville. Entré dans le régiment de Kaunitz comme cadet le ier octobre 1777, il y devint enseigne le 19 novembre suivant et sous-lieutenant le ier avril 1779. Il tint garnison à Senftenberg (Bohême), à Luxembourg et à Malines, et donna sa démission le 22 février 1785. Revenu en Alsace, il fut nommé inspecteur des bâtiments publics de Belfort. En juillet 1789 il s'enrôla dans la garde nationale, puis fut nommé, le 8 janvier 1792, adjudant-major au 4e bataillon des volontaires du Haut-Rhin et élu lieutenant-colonel en second le 20 mai. Employé à l'armée du Rhin, Kleber fut chargé, pendant l'hiver de 1 792-1 793, de surveiller la rive gauche du Rhin de Mayence à Nieder-Ingelheim et reçut, le 28 mars 1793, l'ordre de rentrer dans Mayence. Le ier avril 1793 il fut nommé chef de brigade par les représentants Reubell et Merlin de Thionville et il eut pour mission de défendre les ouvrages extérieurs de la place. Il établit son quartier général au fort Sainte-Elisabeth et dirigea de nombreuses sorties les 6, 10, 17, 20 et 22 avril, les 5, 7 et 25 mai, et le 10 juin. Obligé, le 21 juin, par le bombardement de se loger dans une casemate du fort Saint-Philippe, Kleber entrava, par des attaques incessantes, les travaux d'approche de l'ennemi, jusqu'à la capitulation (23 juillet 1 793). Appelé à la barre de la Convention le 29 juillet pour s'expliquer sur la défense de Mayence, il fut arrêté à Nancy et amené à Paris, mais il fut relâché à la suite du décret du 4 août 1793, qui déclara que la garnison de Mayence
avait bien mérité de la patrie. Le 17 août 1793 il fut promu général de brigade et envoyé à l'armée des Côtes de la Rochelle, sous les ordres de Rossignol. Il arriva à Tours le 22 août et fut placé à la tête de l'avant-garde des Mayençais, avec laquelle il se mit en marche le
10 septembre et occupa Clisson le 17. Ayant reçu l'ordre de rétrograder, il revint, le 19, à Torfou, où il soutint un combat malheureux contre les Vendéens et fut grièvement blessé d'une balle à l'épaule. Il sauva sa colonne et reprit sa revanche le 30 septembre au combat de Saint- Symphorien. Il passa à l'armée de l'Ouest le ier octobre 1793, et, le 15, battit les rebelles à La Tremblaie et, le 17, à Cholet. Ces succès lui valurent le grade de général de division le même jour (17 octobre 1793). Après le funeste combat d'Entrammes (27 octobre) Kleber, à qui on avait offert de remplacer L'Echelle, fit accepter Chalbos pour le commandement en chef de l'armée. Le 5 novembre il fut mis à la tête de la ire division. Destitué le 27 du même mois, il fut maintenu dans son poste par Carrier. Il prit une part active à la victoire du Mans (12 et 13 décembre 1793) et à la poursuite des vaincus, qu'il écrasa définitivement à Savenay le 23 décembre. Kleber fut envoyé à l'armée des Ardennes le 9 floréal an II (28 avril 1794). Le 5 prairial (24 mai) il remporta une victoire signalée à Merbes-le-Château ; puis il passa à l'armée de Sambre-et- Meuse le 25 prairial (13 juin), sous les ordres de Jourdan, et commanda l'aile gauche. Le 28 (16 juin) il décida le succès du combat de Charleroi et se couvrit de gloire, le 8 messidor (26 juin), à la bataille de Fleurus. Le 13 ( ier juillet) Kleber s'empara de Mons, le 27 (15 juillet), de Louvain, et, le ier thermidor (19 juillet), de Tirlemont.
11 prit part à la victoire d'Aldenhoven le 1 1 vendémiaire an III (2 octobre 1794), bombarda Dùsseldorf le 17 (7 octobre) et alla ensuite assiéger Maestricht, qui se rendit le 15 brumaire (4 novembre). Il passa, le 3 frimaire (23 novembre), à l'armée du Rhin. Le 24 (14 décembre
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1794) il arriva devant Mayence pour presser et diriger le siège de cette ville. Il obtint un congé le 25 pluviôse an III (13 février 1795) et refusa le commandement par intérim de l'armée de Sambre-et-Meuse, qui lui avait été dévolu le 20 ventôse (10 mars). Le 13 germinal an III (2 avril 179,5) il prit par intérim le commandement en chef de l'armée du Rhin en remplacement de Michaud blessé et y réunit, le 21 (10 avril), celui de l'armée de la Moselle. Il cessa ces fonctions le 27 (16 avril), à Farrivée de Pichegru, et rentra à l'armée de Sambre-et-Meuse. Replacé le 27 prairial (15 juin) à la tête de l'aile gauche, il passa le Rhin le 20 fructidor (6 septembre 1795); puis il continua l'investissement de Mayence, mais, quand sur l'ordre de son chef, il voulut repasser le fleuve le 19 vendémiaire an IV (n octobre 1795), il trouva le pont de Neuwied incendié. Il dut alors le faire rétablir et, pendant ce temps, maintenir l'ennemi jusqu'au 21 vendémiaire (13 octobre), jour où il put effectuer le passage.
Le 17 frimaire an IV (8 décembre 1795), Kleber devint commandant de Strasbourg. Il exerça les fonctions de général en chef par intérim de l'armée de Sambre-et- Meuse du 30 nivôse au 10 ventôse (19 janvier au 28 février 1796). A l'ouverture de la campagne de 1796 il fut placé de nouveau, le 4 prairial (23 mai), à la tête de l'aile gauche de l'armée de Sambre-et-Meuse à Dùsseldorf. Le 13 prairial (ierjuin) il battit les ennemis à Uckerath et, le 16(4 juin), à Altenkirchen. Il poursuivit les vaincus sur les bords de la Lahn, mais, sur l'ordre de Jourdan, se retira sur la Sieg le 29 (17 juin). Le ier messidor an IV (19 juin 1796) il fut attaqué à Uckerath par le général autrichien Kray, contint l'ennemi et continua sa retraite. Il livra des combats heureux à Offheim (7 juillet), à Ober- Merl (9 juillet) et à Friedberg (10 juillet), et il s'empara de Francfort le 28 messidor an IV (16 juillet 1796). Le 13 thermidor (31 juillet) Kleber remplaça provisoirement Jourdan malade dans le commandement de l'armée
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de Sambre-et-Meuse. Le 17 (4 août) il s'empara de Bamberg après un sanglant combat et le 20 (7 août) il culbuta les impériaux à Forchheim. Il remit le soir même le commandement à Jourdan rétabli. Nommé général en chef le 21 vendémiaire an V (12 octobre 1796), il refusa, mais resta à l'armée. Le 30 (21 octobre), il repoussa les Autrichiens, qui cherchaient à forcer le passage du Rhin. Le 8 frimaire (28 novembre), il offrit sa démission, la renouvela le 20 (10 décembre) et prit le commandement de l'armée par intérim le 24 (14 décembre). Enfin, sa démission ayant été acceptée le 6 nivôse (26 décembre 1 796), Kleber quitta l'armée le 14 pluviôse an V (2 février 1797), passa par Strasbourg, et alla s'installer dans une petite maison à Chaillot, près de Paris. Il ne rentra au service que le 23 nivôse an VI (12 janvier 1798) pour commander une des divisions de l'armée d'Angleterre.
En mars 1798, Kleber fut appelé à l'armée d'Orient et partit pour l'Egypte (mai 1798). Le 14 messidor an VI (2 juillet 1798), à peine débarqué, il monta à l'assaut d'Alexandrie et fut frappé d'une balle à la tête. Bonaparte lui confia, le 17 (5 juillet), le commandement de cette ville et de la province, où il se rétablit, en même temps qu'il veillait à tous les détails de l'administration et faisait rentrer dans l'ordre les insurgés de Damanhour. Il abandonna, pour cause de santé, son poste le 3e jour complémentaire an VIII (19 septembre 1798] et demanda à rentrer en France. Mais Bonaparte appela auprès de lui Kleber, qui arriva au Kaire le ier brumaire an VI (22 octobre). Il commanda dans cette ville en l'absence du général en chef du 4 au 17 nivôse (24 décembre 1798 au 7 janvier 1799). Il accompagna Bonaparte dans son expédition de Syrie. Le 29 février 1799 il marcha sur Jaffa, dont sa division couvrit le siège, puis sur Saint-Jeand'Acre. Le 17 mars il occupa Caïffa, au pied du mont Carmel. Le 10 avril il rejoignit à Nazareth Junot, qui venait de s'illustrer au combat de Loubi. Le 16 avril 1799
il fut attaqué par Abdallah-pacha et remporta la glorieuse victoire du Mont-Thabor. Quand Bonaparte leva le siège de Saint- Jean d'Acre, Kleber couvrit la retraite avec sa division. A Tineh il s'embarqua avec ses soldats pour retourner à Damiette par le lac de Menzalèh. Le 25 juillet il arriva trop tard pour coopérer à la victoire d'Aboukir et le 4 août rentra à Damiette. Le 21 août celui-ci, décidé à rentrer en France, laissa, avant de quitter l'Egypte, une lettre investissant Kleber du commandement en chef, et partit le lendemain. Devenu premier consul, il le confirma dans ce poste le 24 brumaire an VIII (15 novembre 1799). Le nouveau commandant négocia l'évacuation de l'Egypte et conclut, le 24 janvier 1800, la convention d'el Arich avec l'amiral anglais Sidney Smith, mais le gouvernement britannique ayant refusé d'exécuter ce traité, Kleber, justement indigné, marcha contre les Turcs et remporta sur eux la mémorable victoire d'Héliopolis, le 20 mars 1800. Il fit poursuivre l'ennemi et signa un traité d'alliance avec notre plus habile adversaire, le chef des Mamelucks, Mourad-Bey ( 1 5 avril). Le 25 avril il s'empara du Kaire et s'occupa ensuite de réorganiser l'administration de l'Egypte. Etabli à Gizeh, il vint, le 14 juin 1800, au Kaire et déjeuna chez le général Damas, son chef d'état-major. Comme Kleber sortait de la maison, un jeune fanatique, nommé Soleyman, le frappa mortellement de six coups de poignard. Le 17 juin on fit à ce héros des funérailles solennelles et son corps fut inhumé dans le bastion d'Ibrahim-Bey. En juin 1801, le général Belliard ramena à Marseille ces glorieux restes, qui furent déposés au château d'If, puis transférés en 18 18, à Strasbourg , où une statue fut élevée à Kleber en 1840.
90 BASTOUL [1800]
1800, 3 décembre. — Hohenlinden (Allemagne).
BASTOUL Louis), né à Montolieu (Aude) le 19 août 1753. Entré au service au régiment de Vivaraisinfanterie le 8 avril 1773, caporal de grenadiers le 11 avril 1780, sergent de fusiliers le 25 janvier 1787, il fut cassé et remis grenadier le 8 juillet 1789. Il redevint caporal le icr septembre et sergent le 8 et fut congédié par ancienneté le 30. Il reprit du service comme adjudantmajor dans la garde nationale de Béthune et fut élu lieutenant-colonel en second du 2 e bataillon du Pas-de-Calais le 25 septembre 1 791 . Il devint chef du bataillon le Ier avril 1792. Employé à l'armée du Xord, Bastoul fut nommé général de brigade le 15 septembre 1793 et passa à l'armée de Sambre-et-Meuse le 2 juillet 1794. Le 10 septembre 1795 il reçut de Jourdan la mission de veiller à la sûreté du pont de Cologne et de protéger l'arrivée des convois. Le 19 juin 1796 au combat d'L'ckerath il refoula la gauche des Autrichiens. Il fit partie de la division Colaud le 20 juillet 1 796 et de la division Championnetle 31 août 1796. Il fut ensuite employé à l'armée d'Allemagne le 29 septembre 1797, à celle de Mayence le 1 6 décembre 1797, à l'armée du Danube le 7 mars 1 799 et à celle du Rhin le 24 novembre. Il avait reçu trois blessures dans le courant de ces campagnes. Les 3 et 5 mai 1800, Bastoul montra la plus grande valeur aux batailles d'Engen et de Moeskirch. Le 9 juillet 1 800, il fit enfoncer les portes de Landshut et pénétra un des premiers dans cette ville. Enfin, le 3 décembre 1800, il commanda une division à la bataille de Hohenlinden et tomba mortellement frappé en chargeant les Au- s trichiens. Trans- •^^45^7porté à Munich, il y succomba le 15 janvier 1801.