‹ Les gens nerveux comedie en trois actes (volume 2)Chapitre 77 sur 82 · ACTE ill, SCENE V · texte numérisé non relu

ACTE ill, SCENE V

MARTEAU

11 est h moi! à moi, dans ma maison, depuis dix-huit ans acheté de mes deniers, dont j’ai quittance!

LE NOTAIRE, tiraillé de tous les eûtes; aux autre*.

Alors, propriété individuelle; il est dans son droit.

TUEF1ER, «Vcliaulfaut.

Acheté pour le compte de la communauté !

it

BERGER IN

Pour le compte de la communauté!

LE NOTAIRE, à Marteau.

Alors, caisse sociale. Vous êtes dans le faux!

9 ' TUFFIER et BERGERIN, triomphant.

Parbleu I

(Tuilier passe i droite.)

MANTEAU, prenant la chai»* de Tnffler et se campant k la gauche du Notaire.

Mais il ne comprend rien 1 mais il n’y a pas d’acte de société...

LE NOTAIRE, aux autres.

Il n’y a pas d’acte de société? Alors, qu’est-ce que vous demandez?

TUFFIER, avec colère, s'élançant vers lui.

Comment? ce que nous demandons!

LE NOTAIRE, effrayé.

Permettez...

TUFFIER, furieux.

11 n’y a pas besoin d’acte de société!

LE NOTAIRE, eff.ajd.

Sans doute!

BERGERIN, de même.

La convention verbale devant témoins suffit.

(Il frappe sur la table et passe à gauche.)

LE NOTAIRE

En effet...

MARTEAU, frappant sur la table.

Et je vous dis, moi, que c’est insuffisant.

LE NOTAIRE

Quelquefois.

MAR TF. AC, criant.

Toujours!

LE NOTAIRE, tremblant*

Toujours...

TUFFIER, menaçant.

Jamais!

LE NOTAIRE

Jamais...

BERGER IN, rayonnant et frappant uir la table.'

11 Y a donc société! il y a donc société 1 «■

(Il pane à drolto.]

LE NOTAIRE

Gela est vrai.

MARTEAU

Je le nie !

LE NOTAIRE, perdant la tita.

Vous faites bien...

BERGER1N ET TUFFIER, sur le noteifO^

Nous maintenons notre dire !

LE NOTAIRE, criant.

Vous avez raison !

BERGERIN

Qui est-ce qui a raison ?

LE NOTAIRE

Ah 1 au diable 1 * 1

(Il parvient à te dégager, il eat tout frippé.) MARTEAU, se levant.

Du reste, c’est bien simple : nous plaiderons!

TUFFIER, effrayé.

llein?*

TIBCRCE.

Un procès à présent 1

CÉSAR, & part.

Ça va bien! ça va bien!

MARTEAU

Et quand jo devrais y laisser tout mon bien, je vous traînerai

ttibnrce assis, le Nolclre au fond, Varie», TufGer, Bcrgerin, Louis et César au fond.

- ACTE Ul, SCÈNE V

de tribunaux en tribunaux; je me procurerai un avocat très-ha- . bile, qui saura embrouiller les choses et qui les fera durer trois ans.

TtJFFlEIU

Trois ans?

MARTEAU

Et pendant tout ce temps-là nous ne quitterons pas le pal ab nous y déjeunerons, nous y dînerons, nous y coucherons.

TUFF1ER.

Et ma vie sera troublée t

MARTEAU

Et votre vie sera troublée.

Et je rêverai de robes noires et de bonnets carrés! non, non, allez au diable! (réuni i» ei.r.) Débarbouillez- vous, je ne me mêle plus de rien.

BERGERIN, l'asseyant an milieu, gaiement.

Je rie renonce pas, moi... Un procès? ça me distraira.

MARTEAU *

Oui-da. Mais tous les journaux en parleront; on connaîtra notre vie privée jusque dans ses moindres détails : ainsi on saura, par exemple, que maître Bergerin est un vieux garçon qui a trente-six montres et quatre-vingts tabatières.

BERGERIN, gaiement.

Eh bien ?

MARTEAU **

Et l’un de ces jours on lira aux faits divers : « Un crime épouvantable vient de jeter la consternation dans les Batignolles... »

BERGERIN

Hein?

1 MARTEAU, continuant.

; « Poussés par la cupidité, des malfaiteurs se sont introduits la Auit dernière dans le somptueux appartement qu’habitait seul le sieur Bergerin, rentier... »

•Tiborce, le Notaire au fond, Marteau, Brrgerin, César, Louis, Taflier.

* * Le Notaire au fo ni, Tibnree, Bergerin, Marteau, César, louis au fond, TnfSer.

no

BERGE RIN , effrayé.

Chez moi!

MARTEAU, continuant.

« Et ce matin, la dame Placide venant pour faire son ménage, p comme à l’ordinaire, l’a trouvé pendu à la flèche de son lit. »

BERGE1UN, épouvanté.

Pendu I

MARTEAU

Pendu !

Pendu !

TIBURCR.

Pendu I

BERCER IN, criant.

Mais voulez-vous bien vous taire! et ne pas dire de ces monstruosités-là !... Ah ! j’ai une sueur froide !... Pendu !... Tenez, que le diable vous emporte tous, vous, la dot, la tirelire, les gendres et toute la boutique! Pendu... à la flèche... Mais la voilà votre èlef, mais qu’on m’en débarrasse!... qu’on la jette à la rivière; mais qu’on ne me parle plus de rien, ni de procès, ni de voleurs, ni de mariage, car je sens que je deviens fou !... (n jeuo u eler.) Je deviens fou !

(Il ra relrouTer tn notaire. J

T1BURCE, qui de pois qoelquo temps a des unouvcmculs nerveux annonçant une * crise! A P»**-

Ah! moi aussi! moi aussi!

MARTEAU, triomphant.

Enfin!

LOUIS , A César.

Comment faire?

MARTEAU, brandissant ses ciels.

La victoire nous reste... Venez, mon gendre.

T1BURCE, avec des tics nerveux qu'il ne peut réprimer. Se levant. 4

Voire gendre? Pardon, monsieur Marteau... vous ôtes bien bon et je vous respecte infiniment.

"Bcrgctin, le Notaire au fond, Cétar, Tiborc'’, Marteau, tour, Tuilier.

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