SCÈNE PREMIÈRE
PLACIDE, AUGUSTE, ÏIBURCE.
(Au lever du rideau, Placide assise sur un fauteuil devant la cheminée, lit le journal; Auguste asais sur le tabouret du |iiano.)
PLACIDE, lisiint le journal.
On lit dans la Sentinelle du Jura : « Les premières neiges Tiennent de faire leur apparition... » (s’interrompant.) Déjà! à la fin de septembre!... en voilà un de pays! (so retournant vers Auguste.) Eh bien! qu’est-ce que vous faites donc là, vous?... et ce salon?...
AUGUSTE
Ah ! je ne sais pas ce que j’ai aujoÜrd’hui, madame Placide, mais je me sens tout je ne sais comment... je n’ai pas de cœur à l'ouvrage.
PLACIDE
C’est comme moi; c’est le temps.
AUGUSTE^ soupirant*
C’est le temps!...
(Il essuie le piano ; Placide conlimic sa lecture ; liburce en grande toilclle ouvre di.crétcmeut la porte du fond et reste un moiceut sur le seuil.)
lÆS (ilîNS iNEUVELX
TIBUilCK^ à Aug tslc.
Monsieur Marteau, s’il vous plaît? (Silcnw. Auguste continue à essuyer, Placido à lire; Tiburce vient tiappcr sur une lonclie de piino, en rcpciant : ) Monsieur Marteau ?
AUGUSTE
11 est à table.
TI BU R CE
C’est pourtant bien aujourd’hui que monsieur reçoit?....
AUGUSTE
Sans doute; mais ça ne l’empûclie pas de dîner, peut-ôtre !
TIBUKCE.
En effet. (Regardant l’heure à sa montre.) Sept lieui’es vingt... (llaul.) Et ce sera long, ce dîner?
AUGUSTE
Ab! vous avez bien le temps de faire un bon tour dans les Batignolles. Il fait beau... c’est le premier Jour de l’automne...
TIBURCE
Merci... j’aime mieux m’asseoir.
[Il s'assied sur la chaise à gauche).
PLACIDE; se relournaot*
Qu’est-ce qu’il y a?
AUGUSTE
C’est monsieur qui'demaude monsieur.
PLACIDE
Si vous ôtiez vos housses, vous...
AUGUSTE
Oui, madame Placide, (ii tire la housic du la chai'e sur laquelle est assis Tiburce.) PardoU I...
TIBURCE
Quoi?...
La housse!
AUGUSTE, même jeu.
(Tiburce se lève et cherche des yeux où s'asseoir.) PLACIDE, à Tiburce.
Qu’est-cc que vous lui voulez donc, vous, à monsieur?
TI BV R CE, slupelait.
Tiens, cette question!... Elle est bonne, la bonne!
PLACIDE
13’abord, je ne suis pas bonne, entendez-vous?