LES GE>’S NERVEUX
Tl 11 i; UC E.
Oui, monsieur, (a pan.) C’est une torpille que ce beau-pôre-là!
MA UT EAU
Je disais donc qu’il ne me serait pas difficile de trouver un gendre aussi joli, aussi spirituel.
Mais...
TinUUCE, vexe.
MA UT EAU
Car vous ne devez pas Ctre fort, vous?
TIBURCE, à Bergeiin.
Ah! il est agaçant!
MARTEAU, apres lui avoir fail-signe île revenir.
Vous n’étes pas beau non plus. (Mouvement de Tiburce, qui poste A droite.) Mais cela m’est égal. Ce qui m’importe, encore une fois, c’est le tempérament de moi> gendre. Ma pauvre Marion, Je ne veux pas qu’elle ait à souffrir des nerfs de son mari... comme ma pauvre défunte... car ce sont mes nerfs, je le parierais, qui ont tué madame Marteau. <
BERGERIN, tranqiiillcment.
Moi, j’en suis persuadé.
MARTEAU
Aussi, je l’ai juré, mes deux filles épouseront n’importe qui et n’importe quoi, pourvu que ce n’importe quoi-là ne soit pas nerveux... Voilà... vous êtes fixé.
TIBURCE, vivement.
Ah! monsieur, mais c’est que je suis parfaitement votre lioinme, parfaitement.., car je ne .suis pas neneux du tout, je vous jure que je ne suis pas nerveux !
MARTEAU
Vous le jurez, vous le jurez... c’est facile à dire, (a pan.) Mais nous allons bien voir...
Sans rien dire, et au moment où Tiburce s'y allund le moins, il lui donne en criant une tape Tormidable sur l'épaule, puis lui saisit le poignet d'une main, et prend sa montre de l'autre.)
TIBURCE, surpris.
Fichtre! vous m’avez démanché l’épaule!
M.ARTEAU, qni compte.
Ça ne fait rien, (a lui-méme.) Le pouls est bon, il est calme. Une
ACTE 1, SCÉiNE VIII autre épreuve {\tbni ou cjnapc.) Venez ici, jeune homme. (pji»;int i«
tlraulacre de gratter i rebours le velours du meubli'.] l'UiteS (lonC UIl peU
comme cela, pour voir.
TIBURCE^ ù part.
Le velours!... Voilà un examen!
(Il rrotlc le velours avec acharnement.) liEKGERlN et TUFFIEB„asaccs.
Rien ! bien!...
MARTE.\U, trcs-agacr.
C’est bien. Jeune homme.
TIBERCE.
Est-ce 6ni?
.MARTE.Vf. *
Pas encore. (LuI tendant un coutcju et un bouchon qu'il vient de trouver sur le
guéridon. )Prenez ce couteau et ce bouchon, maintenant, et coupez.
(Tiburce coupe, le hnuclion crie; TirDier, Bergerin et Marteau grincent dea dents.) MARTEAU, TUFFIER et BERGERIN, criant.
Assez! assez!
TIBURCE
Voilà!
(Tuilier lui arrache le couteau et le houchon îles mains.) M.VnTEAt’j a\cc «iJiniralion.
Il n’a pas bronché! pas sourcillé! 11 n’a pas grincé des dents! C’est admirable !
Inouï!
MARTEAU, solenneilenient, à Tiburce.
Il suffit, jeune homme; vous n’êtes pas nerveux, je vous permets d’aspirer à la main de Marion.
TIBURCE
Quel bonheur!
MARTEAU, à Tiburce.
Ah ! vous ne sentez rien ! Ah ! vous éles une vraie machine ! Ventre d’un petit poisson! vous éles bien l’homme qu’il me fallait! Je pourrai donc m’énerver, m’agacer tout mon saoûl. J’aurai donc quelqu’un sur qui tomber!
TUFFIER, scirant la main de Tiburce.
Et moi aussi !
* Tiburce. Bergerin plui haut, Marteau, Tuilier.
*• Tiiriier, Tiburce, Marteau, Bergerin.
Et moi aussi !
BEKGEIUN, mi'ine jcii.
TIBERCE
Ah ! mais, pormelfcz...
M.VRTE.Vli, le serrant dans set bras.
Pas nerveux!... lu seras mon gendre !