ACTE II, SCÈNE Y
BERCERIN.
Ne l’interrompez donc pas, sapristi !
(Il lire sa moDtre et commence à la remonter.) TIDüRCE.
Non, monsieur!
.MARTEAU, impatiente par le liruit Je la montre.
Vous a-t-il dit le lieu, le jour, les circonstances?
TIDL’RCE.
Pas un mot !
' MARTEAU
Chose indispensable, pourtant.
. (Il se penche vers Rergcrin pour le faire cetser.)
BERGERIN, lui montrant le cadran.
Une heure et demie... mais je crois que j’avance.
MARTEAU
Avant d’aborder l’autre question...
TIIIURCE, qui a tiré sa montre.
Oui, de deux bonnes minutes au moins.
TUFFIER, sa montre ?l la main, à Tihurce.
Tiens, je vais comme vous, moi !
(Monvement d’impalicnce de Marteau. )
BEIlGERlNj l'interrompant et sc levant.
Racontez-Ie donc, cher ami, car pour moi, vous savez, avec ma nature impressionnable, c’est comme si vous me demandiez de jouer un mtîlodrauie. (il tourne los aigmiies.) Je suis tout secouti rien que d’y penser.
(Il passe ,à la chcmince.)
TUFFIER, SC inoiiclianl. •
Certainement! rien que d’y penser.
MARTEAU, agace.
Oui, c’est convenu !... (a Tiimrce.) Vous saurez donc, mon tber qu’un soir de janvier... était-ce janvier ou février?
TUFFIER
Février.
• RERGERIN.
Janvier...
Oui... c’était décembre... enfin, peu importe, c’était en...
•ifi LES GENS NERVEUX
BERCERIN.
Mil huit cent quarante...
Trente-neuf....
TUFFIER
Quarante...
BERGERIN
MARTEAU
Enfin trente-neuf ou quarante.
BERGERIN
Quarante. J’étais déjà sous-chef à la poste.
MARTEAU
Mettons quarante.
TIBURCF.
Marchons sur quarante...
MARTEAU
Donc, jeune homiuc...
BERGERIN
Il faisait un temps de neige...
TUFFIER
Et un froid !
BERGERIN
Le Ihermomèlre Chevalier marquait...
MARTEAU, criaic.
Avez-vous bientôt fini?
BERGERIN
Tiens, qu’cst-ce qu’il lui prend? ' •
^ TUFFIER
Est-il nerveux donc aujourd’hui !
BERGERIN
Allez ! allez, continuez.
(I! scmcl à se i romciirr de long en large au fond de la pièce.)
MARTEAU
C’est bien heureux, (a Tii«urcc.) Donc, jeune homme, nous sortions do chez notre notaire qui nous avait convoqués pour une communicalion des plus importantes. 11 s’agissait d’un vieil ami il nous, qui, en mourant, nous avait fait à chacun un legs assez considérable...