SCÈNE II
Les Mêmes, MARTEAU; il entre sans les TOP*
Qu’cst-CC que vous voulez? (ll pose son chapeau sur le cliifToniiicr ; le clinpeau tombe, il le ramasse.) Qu’CSt-CC qUC VOUS VOulcZ ? (Même jeu, il donne uii coup de pied au chapeau et déposé sa caunc qui tombe et roule. Furieux.) ToUt
est détruit, maintenant. 11 n’y a plus de lois, plus de justice.
(piai'ide ramasse le chapoan, Marion la canne, et Placide sort avec le chapeau et la
canne.) Vûilà uu commissaire, un magistrat, un homme qui a pour mission de faire respecter les propriétés, de sauvegarder la famille, et qui me répond, quand je lui parle de faire arrêter ce misérable qui s’est introduit chez moi, avec effraction : «Ah! monsieur Marteau, réfléchissez donc; votre propre neveu... est-ce que nous pouvons nous mêler do ces choses-là!... B Mais, de quoi te mêles-tu alors, magistrat prévaricateur, de quoi le mêles-tu ? (il sc retourne cl aperçoit Cesar a;sis qui tient le journal cltmUi do manière à cadicr fon et les deux petites filles qui Lavar~
dent tout las avec lui.) Oll ! il Cst eilCOrC là !...
( Il s'avance leiilcmeni vers César; jeu muet cl paroles ctonirdes de Marion et de Lncics, qni le voient vcnir;il abaisse Iciilemcnl le journal.)
CÉSAR
Coucou !... (Marion et Lucie sc sauvent an fui.d.) Ah ! le VOllà !...
ACTK III, SCÉNK II
* MAUTEAU, 6 César.
Ainsi, vous voilà installé chez moi, malgré moi... Vous y avez déjeuné, vous y dînerez et y coucherez sans doute? ..
J’y coucherai très- certainement, mon oncle, pour être plus à portée de vous donner mes soius... Vous comprenez?... la nuit, on ne sait pas... un vertigo...
(Il se lère.)
MARTEAU
F.t cela durera?...
CÉSAR
Jusqu’à ce que tu sois prudent ot calme... comme il convient à un père de famille, et disposé à écouter mes conseils...
MARTEAU
Qui sont?...
Tu le sais bien... de débouter Tiburce de toute prétention maritale...
MARTEAU
Oui-cla.!..
CÉSAR
Kt de donner la main do Marion à mon ami Louis...
Parce que...?
Parce qu’ils s’aiment
MARTEAU
CESAR
MARTEAU
La belle raison !...
MARION, ilcscendan l.
Mais, papa, il me semble...
MARTEAU
Qu’cst-ce que c’est? mademoiselle... il vous semble?...
CÉSAR
Mais. dame!... il lui semble que c’est plus logique que de la donner à un autre, sous prétexte qu’ils ne s’aiment pas...
* Gpmt, Uarlraii, Warlon, lucie à la causruMe.
MARTEAl'.
Et quel choix?... un spadassin qui tue tout le monde...
MARIO.N
Mais, papa, puisqu’on ii’cn meurt pas...
LUCIE
Puisqu’on n’en meurt pas...
MARTEAU
'Un débauché, qui dépense tout ce qu’il a...
CÉSAR
Allons donc!... il n’a pas seulement ce qu’il dépense...
MARTEAU
Un énerguméne, qui est sans cesse en combustion, et qui me met toujours les nerfs dansuu état!...
CÉS.\Rÿ (ran(]iii}lcmeat.
Eh bien!... qu’est-ce que ça fait?...
Comment!... qu’est-cc que ça fait?...
CÉS.^R
Ce n’est pas vous qu’il épouse...
MARTEAU
Il ne manquerait plus que ça... Non, ce n’est pas moi qu’il épouse; mais si Je veux voir Marion, il faudra que je le voie aussi, lui, et je serai dans une irritation continuelle...
CÉSAR
Ça ne regarde pas Marion, ça, que diantre !... On ne consulte pas ses nerfs pour prendre un gendre comme on consulte le baromètre pour prendre un parapluie.
MARTE.KU) criant.
Assez, perturbateur!... Tu veux pousser mes Tilles à la révolte, n’est-cc pas?... au mépris de mon autorité, mais tu n’y parviendras pas, elles obéiront à leur père, car elles sont bien élevées...
(Marino cl Lucie remuDleiit en lui lounianl le il»».) N’eSt-Ce paS, Mai’ion, qUC
tu obéiras au papa Marteau?...
MARION
Mais, dame... oui, si... !
♦ €ci^ar,MarlcaUÿ Marion assise sur h causeuse^ Lucie (W^nut,