‹ Les gens nerveux comedie en trois actesChapitre 79 sur 87 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

Les Mêmes, le NOTAIRE.

LE NOTAIRE, paraissant.

Vous m’appelez, je crois?

MA RTE A U.

Oui ! (Le tirant i la table.) MeltCZ-VOUS là, (Aui autres.) Je mc paSSCraî

de vous et de vos clefs.

|ll Torce le Notaire à s'asseoir.) BERCERIN et TUKFIER. *

El comment?

MARTEAU

Vous allez voir, (il a Itousculc convulsivement les papiers du Notaire.) Ecrivez, Noîaire, Écrivez là, à la suite... « Apporte en dot, un pavillon, un potager... »

' LE NOTAIRE, écrivant.

Un potager...

MARTEAU, dictant.

« Et de plus, un coffre en fer avec couvertur.e supÉrieure en forme de tirelire, sur la contenance duquel, invité à s’expliquer... )> (aux autres, raillant.) Ou 3 été clei'C de notaire. (l.e Notaire se

lève pour le rélicitcr. Marteau le fait r, asseoir, en reprenant sa dictée de plus belle.)

H Invité à s’expliquer, le sieur Marteau dit qu’il n’est besoin, et qu’il donne ledit coffre en toute propriété à la future, avec tout ce qu’il pourra contenir, tant en espèces monnayées, que billets, actions au porteur, titres de propriétés, bijoux ou valeurs

quelconques. (l.e Notaire, effaré de la rapidittî do la dictée, veut preudre de l'cnrre, Marteau fai»it f.i main au vol et la remet sur le papier^ en rcdouManl do

vitesse.) Ledit coffre licrmétiquement fermé par trois serrures, pour être remis eu cet état aux futurs conjoints et après la célébration du mariage, par eux ouvert... »

TÜFFIER et BERCERIN.

Ouvert?

* César et L iils près du piano, Tibiirce astis, Marteau dtbout, le Notaire assis, Dergerin sur la cau eiisr, Tuilier assis à Tezlréme droilt.

BEIIGERIN.

Et comment?

MARTEAU , avec roajeUi‘.

Comme ils le jugeront convenable!

BERG ER I N

C’est-à-dire forcé ?

MARTEAU

Forcé!... Par eux, je m’en lave les mains; j’ai le coffre, je le donne, (au Noiaire.) N’cst-ce pas ?

TUFFJER.

Mais vous n’en avez pas le droit... (ll se lève avec la chaise ci vleiU se piauler devaut la labié, le dos au public.) Mais, moiisieui’, il n Cn a paS Ic droit.

LE NOTAIRE, à Mjrleau. *

En effet.

Eh bien! je le prends!

LE NOTAIRE, il Tuflicr.

Ah ! s’il le prend !

[Pendaut loulc celte scène, le Noiaire, qui parlois dispavail dans le groupe agild des trois hommes, n’est occupé qu'à se garantir des éclaboussures de leur dangereuse pantomime,]

• BERG ERIN , au Notaire.

Il donne, par contrat, un objet qui est à nous.

LE NOTAIRE, à Marteau.

Ah ! c’est illégal !

MARTEAU

Je donne par contrai un objet qui est à moi...

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