‹ Les gens nerveuxChapitre 30 sur 89 · ACTE I, SCÈNE X · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE X

CÉSAR

Allons donc !... c'est un charmant garçon, et moi aussi!... et toi-même, tu es le meilleur homme du monde, avec tes travers... et j'espère bien que tu ne nourris pas l'idée grotesque de donner pour époux à la Mariette ce monsieur là-bas, qui a une si drôle de tête?...

(Il montre Tiburee.) T1BURCE.

Plaît-il?

MARTEAU

Positivement si, monsieur!... je nourris cette idée grotesque, et je n'attendais plus que votre consentement.

Eh bien, je le refuse !

MARTEAU, exaspéré.

A-t-on jamais vu?...

(Bergerin redescend et s'asied sur le fauteuil de la table pour lire le journal. CÉSAR.

De mauvais mariages?... on ne voit que ça... raison de plui pour en faire un bon!... Ainsi, c'est convenu, Bergerin épouse Placide, Louis, Marion... et moi... Lucie! Qu'est-ce que tu dis de cette idée-là ?

MARTEAU, stupéfait.

Je dis... (a Bergerin et à Taffier.) Ma parole! il est superbe !...

CÉSAR

D'abord, je suis superbe voilà un avantage et puis je

l'aime, moi, cette enfant-là, c'est une idée à moi... une vieille idée... Elle le sait, elle ne dit pas non... c'est oui... donc, c'est fait!

MARTEAU, à Bergerin et à Tulfnr.

Ah çà!... mais je ne sais plus si je rêve? Comment, voilà un drôle que j'ai chassé de chez moi, et qui revient effrontément... et qui marie Pierre, et qui marie Paul... Non, mais regardezmoi cela, je vous en prie!... c'est trop drôle!... Ah! tu veux faire la loi chez moi?... Eh bien ! ce mariage ne se serai* peut-être pas fait; car, après tout, et en y refléchissant, il ne m'allaitpas positivement, celui-là...

TIBURCE

Hein?

Mais il épousera... maintenant, je le veux ! ne fût-ce que pour que tu en crèves de dépit l

CÉSAR

Alors, vous marierez votre fille par entêtement?

MARTEAU

Par entêtement, soit; mais je la marierai. Tu verras alors si je suis le maître chez moi. Et quant à tes beaux projets sur Lucie... (Frappant sur l'épaule de TufQer.) Laissez-moi l'humilier... je Vais

l'humilier...

(Même jeu sur l'épaule de Bergerin, qui, s'élant endormi, se lève et va se rasseoir sur la

chaise derrière la table.)

CÉSAR

Ah ! voyons un peu ce que ça va faire. *

(Il l'assied * droite.) MARTEAU.

Ah ! méchant garnement ! tu parles de te marier !

CÉSAR

Mais oui...

MARTEAU

As-tu un métier, seulement... as-tu un état... Que fais-iel

CÉSAR

De la philosophie, mon oncle.

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