‹ Les gens nerveuxChapitre 67 sur 89 · ACTE III, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE II

MARTEAU, à César.

Ainsi, vous voilà installé chez moi, malgré moi... Vous y avez déjeuné, vous y dînerez et y coucherez sans doute?...

CÉSAR

J'y coucherai très-certainement, mon oncle, pour être plus à portée de vous donner mes soins... Vous comprenez?... la nuit, on ne sait pas... un vertigo...

(11 se lève.) MARTEAU.*

Et cela durera?...

CÉSAR

Jusqu'à ce que tu sois prudent et calme... comme il convient à un père de famille, et disposé à écouter mes conseils...

MARTEAU

Qui sont?...

CÉSAR

Tu le sais bien... de débouter Tiburce de toute prétention maritale...

MARTEAU

Oui-da.!..

Et de donner la main de Marion à mon ami Louis...

MARTEAU

Parce que...?

CÉSAR

Parce qu'ils s'aiment!...

MARTEAU

La belle raison!...

MARION, descendant.

Mais, papa, il me semble...

MARTEAU

Qu'est-ce que c'est? mademoiselle... il vous semble?..»

CÉSAR

Mais, dame!... il lui semble que c'est plus logique que de la donner à un autre, sous prétexte qu'ils ne s'aiment pas...

* Cc'sar, ilurltau, Maiiun, Lucie à la causant.

MARTEAU

Et quel choix?... un spadassin qui tue tout le inonde...

Mais, papa, puisqu'on n'en meurt pas...

LUCIE

Puisqu'on n'en meurt pas...

MARTEAU

Un débauché, qui dépense tout ce qu'il a...

CÉSAR

Allons donc!... il n'a pas seulement ce qu'il dépense...

MARTEAU

Un énergumène, qui est sans cesse en combustion, et qui me met toujours les nerfs dans un état!...

CÉSAR, tranquillement.

Eh bien!... qu'est-ce que ça fait?...

MARTEAU

Comment!... qu'est-ce que ça fait?...

CÉSAR

Ce n'est pas vous qu'il épouse...

MARTEAU

Il ne manquerait plus que ça... Non, ce n'est pas moi qu'il épouse; mais si je veux voir Marion, il faudra que je le voie aussi, lui, et je serai dans une irritation continuelle...

CÉSAR

Ça ne regarde pas Marion, ça, que diantre !... On ne consulte pas ses nerfs pour prendre un gendre comme on consulte le baromètre pour prendre un parapluie.

MARTEAU, criant.

Assez, perturbateur!... Tu veux pousser mes filles à la révolte, n'est-ce pas?... au mépris de mon autorité, mais tu n'y parviendras pas, elles obéiront à leur père, car elles sont bien élevées...

(Marion et Lucie remontent en lui tournant le dos.) N'est-ce pas, Mai'ion, qU6

tu obéiras au papa Marteau?...

MARION

Mais, dame... oui, si... !

* Cétar, Marteau, Marion assise sur la causeuse, Lucie debout.

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