‹ Les gestations dites prolongéesChapitre 14 sur 26 · EI · texte numérisé non relu

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2, — L'enfant est vivant

Beaucoup plus intéressante est l'étude de la prolongation de la gestation avec enfant vivant, car elle présente une grande importance au point de vue à la fois du pronostic vital du fœtus et du pronostic de l'accouchement.

De nombreuses causes ont été incriminées par les auteurs qui se sont occupés de la question, comme susceptibles de provoquer la prolongation de la grossesse.

Nous les diviserons en :

Causes fœtales, Causes maternelles, Causes générales.

{. — Les causes fœtales

ax) LE SEXE DU PRODUIT.

Il semble que le sexe masculin détermine une augimentation de la durée de la grossesse (Von Winckel). Schulte, sur 405 enfants nés après une grossesse de durée anormalement longue, trouve : 252 garçons et 153 filles.

Zweifel, sur 126 cas de grossesse ayant dépassé 320 jours depuis le premier jour des dernières règles, note 68 garçons contre 58 filles, soit 117/100. Murphy rapporte 184 cas, dont 90 au delà de 280 jours. Il observe 57 % de garçons et 49 % de

filles.

Zangemeister, il est vrai, exprime l’opin‘on contraire et déclare qu'après le 310° jour, il naîtrait 80 filles pour 50 garçons.

Nous avons trouvé dans notre statistique 152 garcons contre 113 filles, ce qui semble confirmer l’opinior de la plupart des auteurs. Il est peu probable cepeudant que ce seul facteur influe beaucoup sur la durée de la grossesse et surtout au point d’aboutir à une grossesse prolongée.

b) LA PRÉSENTATION.

Pour Taussig, la présentation du sommet joue un rôle, la grossesse prolongée étant moins commune dans les préséntations du siège.

Cependant, sur les 409 observations de grossesse ayant duré plus de 300 jours, que rapporte M. Sellet Jans sa thèse, nous trouvons 14 sièges, soit 1 pour 29, alors que la présentation du siège ne se voit habituellement que dans la proportion de 1 pour 60 accouchements.

L'absence de tête dure appuyant sur le segment inférieur a également été invoquée et on a fait remarquer la fréquence remarquable des anencéphalies dans ces cas. Dans les nombreuses observations que Ballantyne a rapportées, on observe souvent, en effet, l’anencéphalie du produit. Dans ces cas, dit Ballantyne, la glande pituitaire manque généralement ; ce serait la sécrétion de cette glande qui produirait le commencement des contractions utérines et, conséquemment, cette absence de sécrétion pourrait retarder le commencement du travail. C’est une théorie attrayante, mais impossible à vérifier.

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Nous avons relevé dans nos observations :

250 présentations du sommet ;

12 — du siège ; 2 — de la face ; 1 - du bregma.

La proportion des sièges est donc très élevée. 1 pour 22, ce qui semble confirmer la remarque de M. Sellet. Nous n'avons pas relevé de cas d’anencéphalie.

La présentation ne semble donc pas non plus jouer un rôle primordial dans la prolongation de la grossesse. Les sièges sont plus nombreux que normalement, mais les présentations du sommet forment la grosse majorité et il serait téméraire de vouloir attribuer à l’une ou à l’autre de ces présentations la cause de la prolongation de la grossesse.

c) RÔLE DU « FACGTEUR INDIVIDUEL DE DÉVELOPPEMENT »

Le fait que des enfants nés à terme présentent des variations souvent importantes dans leur taille et leur poids a fait soulever l'hypothèse que tous les enfants ne se développent pas avec une égale rapidité.

Rappelons que l'enfant à terme mesure 50 c/m. environ et pèse de 2.800 à 3.500 gr. Or, M. Schickele, observant des enfants nés à des temps très variables,

note :

à 288 jours un enfant de 48 cm pesant 2.975 er. à 304 » » 49 » 2.550 »

ni

[ dit : « N'est-il pas évident qu'il a fallu plus de temps à ce fœtus né au 304° jour et pesant 2.550 gr., pour se développer, qu'à cet autre qui, né le 280° jour, pèse 9.150 gr. ?»

Il rapporte également le cas de fœtus bi vitellins, avec placentas séparés, donc soumis aux mêmes conditions, et qui, pour un âge de 28 semaines environ, se présentent avec 35 c/m. et 900 gr. pour le premier, contre 25 c/m. et 310 gr. seulement pour le second. Et dans un autre cas identique, approximativement du même âge, il trouve 33 c/m. et 1.000 gr., contre 25 c/m. et 400 gr. Il attribue ces différences à un facteur individuel de développement propre à chaque fœtus.

Rappelons que, sur nos 265 observations, nous avons trouvé 21 fois des enfants dont le poids était inférieur à {2.800 gr. Faut-il voir dans ce faible poids d'enfants, dont la durée de la gestation a duré de 300 à 326 jours, un argument en faveur du facteur individuel de développement ? Nous ne saurions l’affirmer, bien que cette explication nous semble logique.

Ce n’est là encore qu’une hypothèse, mais fort plausible et défendable, bien qu'il ne nous soit pas possible de la vérifier. Si sa réalité pouvait être démontrée, ce serait un argument sérieux en faveur de la prolongation de la grossesse, mais dans l’état actuel de nos connaissances, nous ne pouvons la considérer que comme une possibilité.

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