PRODUCTION
Aimées.
i8TO-7i
Minerai.
tonnes.
Mercure.
tonnes.
Le nombre total des ouvriers occupés, rapproché du chiflre de la production, se comprendrait difficilement si nous n'ajoutions quelques explications. C'est que personne n'est occupé d'une manière continue dans aucun des établissements d'Almaden ; suivant les services, les ouvriers travaillent un jour sur deux, un jour sur trois ou mènie moins ; le reste du temps, ils s'occupent à divers travaux privés. Cette situation est due, en partie, au désir de fournir du travail au plus grand nombre possible d'habitants ; mais elle a une cause beaucoup plus grave, qui ne saurait permettre une organisation différente.
On sait, en effet, combien les émanations mercurielles sont nuisibles à la santé de ceux qui s'y trouvent exposés : elles produisent d'abord le ptyalisme (salivation exagérée) , le déchaussement des dents, des ulcères à la bouche rpuis pénètrent peu à peu l'organisme tout entier et donnent naissance à un tremblement particulier auquel un long séjour dans l'établissement d'Almaden ne permet guère d'échapper. Ce tremblement est accompagné d'une déperdition de forces presque complète, et d'un triste affaiblissement de l'intelligence. *
L'intermittence du travail permet de combattre, au moins en partie, cette maladie mercurielle, et c'est pour cela $ beaucoup plus que par suite d'idées socialistes invétérées, que l'État occupe, à Almaden, un nombre d'ouvriers beaucoup plus grand qu'il ne le faudrait strictement pour l'exécution des divers travaux.
MINES ET USINES D ALMADEN. 10g
Les ouvriers attaqués par le mercure ont à leur disposition un hôpital établi dans d'excellentes conditions. Ceux dont la constitution a été fortement atteinte par le mal, par suite d'un long séjour dans la mine ou à l'usine, peuvent obtenir la concession d'une certaine étendue de terrain à cultiver dans un domaine de 7.000 hectares, nommé domaine de Gastilseras, qui dépend de l'établissement d'Almaden. Ce domaine ne rapporte rien, ou peu de chose, et les frais d'entretien viennent grever d'autant le prix de revient du mercure.
Les services financiers se sont simplifiés, depuis 1870, par suite d'un traité conclu entre le trésor et la maison Rotschild.
Pour garantir et rembourser un prêt de 42 millions de piécettes (la piécette a sensiblement la valeur du franc) consenti, en 1 870, par la maison Rothschild, et remboursable en trente annuités de 3.750.000 francs, le gouvernement lui concéda le monopole de l'achat des produits des mines d'Almaden aux conditions suivantes :
Le gouvernement espagnol s'engageait à livrer, chaque année, au moins 52.000 frascos (bouteilles de 34^,507 ou 75 livres espagnoles), soient 1. io4S224. La valeur du mercure livré aux Rothschild est fixée d'après les cours du métal sur le marché anglais. Le minimum admis est de 6 livres sterling (i5i',2o environ); le cours descendrait au-dessous de ce chiffre que le gouvernement n'en recevrait pas moins 6 livres sterling par frasco.
De 6 jusqu'à 8 livres, l'excédant est partagé piar moitié entre les deux contractants. Au-dessus de 8 livres, les Rothschild en reçoivent un tiers, le trésor deux tiers.
Ainsi, le prix du mercure étant, par exemple, de i4 livres sterling, le gouvernement espagnol recevra par bouteille :
i"*) 6 livres st. comme minimum, a*) 1 livre st pour le 1" excédant de 2 livres, 3") U livres st. pour le a* excédant de 6 livres. Il livres en tout.
MINES ET USINES D ÂLMADEN
Ainsi donc, le mercure, mis en bouteille, est remis, à Almaden même, entre les mains du représentant de la maison Rotschild, et T administration de rétablissement se trouve déchargée de tous soucis et de tous frais ultérieurs de vente, d'opérations, par conséquent, diflSciles et peu en harmonie avec les véritables fonctions d'un gouvernement quelconque. Le trésor profited' ailleurs, dans une proportion raisonnable, de l'élévation des prix , élévation qu'il serait, sans doute , hors d'état de produire ou de maintenir. «* Rien de plus variable, en effet, que les cours du mercure sur ce marché de Londres, presque uniquement alimenté, cependant, par les mines d' Almaden. Idria ne produit guère, en effet, que 370 tonnes pour 1.200 venant d'Espagne, et r Amérique, dont la production est à peu près égale à celle d' Almaden, consomme elle-même ses produits. Ce n'est pas à dire que la production du Nouveau- Monde n'influe puissamment sur la valeur du mercure; on peut, néanmoins, regarder comme certain qu'une notable partie des variations des cours est due à des opérations parement commerciales. On était très-loin, en effet, en 1875, 1874, 1875, de l'ancien cours de 6 livres sterling.
Les cours moyens, sur le marché de Londres, ont été les suivants :
e sh.
d. par frasco.
Il/s ^ '
Moyenne 10 9 5 r-
Le prix le plus bas, de 1866 à 1876, a été de 6 livres sterling (décembre 1 865) ; le plus haut, de 26 livres sterling,
MINES ET USINES D ALMADEN
en novembre 1874. Il est assurément bien peu de matières, au moins de celles dont la production est à peu près constante , qui subissent de pareilles fluctuations.
Plaçons maintenant en regard de ces prix de vente les prix de revient complets de la tonne et du frasco de mercure, dans les cinq dernières années. Ces prix résultent des tableaux suivants :
I. — État général des dépenses dans les cinq années 1870-1875.