‹ Les glaciers et les transformations de l'eauChapitre 40 sur 126 · CONGÉLATION DE L’EAU · texte numérisé non relu

CONGÉLATION DE L’EAU

Voici devant nous plusieurs aimants. Comme ils sont matériels, ils sont soumis à l’action de la pesanteur, et, s'ils étaient parfaitement libres, ils graviteraient l’un vers l’autre, en vertu de l’attraction de la pesanteur.

Mais ce n’est pas seulement là de la matière, c’est de la matière magnétique. Ces aimants n’agissent pas l’un sur l’autre seulement par la force de pesanteur, mais aussi par la force du magnétisme. Supposons-les placés à une certaine distance l’un de l’autre, et admettons que leurs mouvements soient parfaitement libres. La force de pesanteur se fait d’abord sentir, et les attire l’un vers l’autre. Pendant quelque temps, la force magnétique qui vient des pôles, est insensible; mais, quand les aimants sont arrivés à un certain degré de proximité, la force polaire entre en jeu. Les points qui s’attirent se rapprochent , ceux qui se repoussent s’écartent, et il est facile de voir que cette action pourra produire un arrangement des aimants tel qu’ils occupent plus de place. Supposons-les entourés d’une boite qui les contient exactement au moment où la force polaire commence à agir. Il est facile de voir que, dans l’arrangement qui suit, les angles et les extrémités repoussés des aimants pourront presser contre les parois de la boîte, et pourront même faire éclater celle-ci, si les forces en jeu sont assez considérables.

Voilà donc une conception que nous pouvons appliquer aux molécules de l’eau. Ces molécules, comme les aimants, sont soumises à deux forces distinctes. Pendant quelque temps, tandis que le liquide se refroidit, elles s’approchent les unes des autres, en vertu de l’attraction générale qui existe entre elles. Mais à un certain point, de nouvelles forces, les unes attractives , les autres réplusives, émanant de points spéciaux des molécules, en-

trent en jeu. Les points qui s’attirent se rapprochent ; ceux qui se repoussent, s’écartent les uns des autres. Ainsi les molécules tournent et prennent une autre disposition, exigeant pour le faire plus d’espace, et triomphant de toutes les résistances ordinaires par l’énergie de leur action. Telle est, d’une manière générale, l’explication de la dilatation de l’eau lors de sa solidification; et il ne serait pas difficile de construire un appareil pour faire mieux ressortir le phénomène.

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