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lation longtemps avant que je me sois occupé de la cause même de la regélation. Cette question n’est pas môme indiquée dans le mémoire où la théorie de la regélation a été développée pour la première fois. C’est une question de même nature, mais toute différente. En rapportant le mouvement des glaciers à un fait démontré expérimentalement, je n’ai fait que le rapporter à sa cause voisine. Chercher à rapporter celte cause à ses antécédents physiques forme l’objet d’une investigation distincte, dans laquelle je n’ai pris qu’une part comparativement très-petite, par suite de ma foi dans l’exactitude substantielle de l’explication de M. Faraday.
Cinq personnes se sont plus ou moins occupées de cette question. M. Faraday, M. Forbes, M. J. Thotrson, M. W. Thomson etmoi. M. James Thomson explique la regélation en se fondant sur une conséquence importante dtduite de la théorie mécanique de la chaleur, en premier lieu par lui, et presque simultanément par M. Clausius. S’il résulte de cette théorie que la température de congélation de l’eau doit s’abaisser sous l’action de la pression; cela veut dire que de l’eau soumise à une certaine pression restera liquide à une température à laquelle elle se solidifierait si cette pression était supprimée. Cetle déduction théorique a été confirmée d'une manière remarquable par les expériences de son frère, le professeur William Thomson. Voici comment la théorie de M. Thomson rend compte de la regélation : « Lorsque deux morceaux de glace sont pressés l’un contre l’autre ou placés l’un sur l’autre, leurs parties comprimées se liquéfient. L’eau ainsi produite a rendu latente une portion de la chaleur de la glace environnante , et par conséquent sa température se sera abaissée au-dessous de 0°. En cessant d’être comprimée.
cette eau se regèle et soude les deux morceaux de glace. ■» J’ai toujours admis que cette explication se fonde sur une « cause vraie. » Mais, en considérant la grandeur infinitésimale de la pression suffisante pour produire la regélation, j’ai pensé avec M. Faraday et M. Forbes, que cette cause était insuffisante. M. James Thomson fonda sur sa théorie de la regélation une théorie du mouvement des glaciers, dans laquelle il attribue les changements de forme que subit le glacier à la liquéfaction incessante de !a glace aux points où la pression est exercée, et à la congélation de l’eau ainsi produite sur les autres points. J’ai essayé autrefois de montrer que cette théorie était incapable d’expliquer les faits observés. M. Helmholtz l’a récemment soumise au contrôle de l’expérience, et les conclusions qu’il a tirées ds ses recherches sont identiquement les miennes.
Ainsi, les vues de M. Helmholtz sont d’accord avec les miennes : sur l’impossibilité pour la glace de s’étendre sous l’influence de la tension, et la propriété qu’elle a de prendre toutes les formes sous l’action de la pression, — sur la différence essentielle qui existe entre un glacier et un fleuve de lave, de miel ou de goudron, — sur la suffisance de la pression et de la regélation pour rendre compte de la formation des glaciers, — sur la suffisance de la cassure et de la regélation pour rendre compte de leur mouvement, — enfin sur l’insuffisance de la théorie qui attribue ce mouvement à la liquéfaction par pression et à la récongélation.
Mais il en est tout autrement lorsqu’il s’agit de la cause même delà regélation. M. Helmholtz, comme M. Jamin i,