‹ Les glaciers et les transformations de l'eauChapitre 67 sur 126 · A M. EM. ALGLAVE · texte numérisé non relu

A M. EM. ALGLAVE

rédacteur en chef de la revue des cours scientifiques

Monsieur,

Vous me demandez si j’ai quelques observations à faire sur les expériences ingénieuses de M. Tyndall. Je vous ferai remarquer que les expériences faites avec les morceaux de glace flottant sur l’eau prouvent que des pressions excessivement petites suffisent pour souder deux morceaux de glace. Les forces qui, dans ce cas, exercent une pression entre les deux morceaux de glace sont, en partie la différence des poids spécifiques de la glace et de l’eau, en partie les attractions capillaires qui se produisent entre les deux morceaux flottant à la surface de l’eau. 11 faut de plus remarquer qu’il suffira de ponts de glace beaucoup plus étroits pour retenir ensemble deux morceaux de glace nageant sur l’eau que deux morceaux de glace maintenus dans l’air ; dans ce dernier cas, il est, en effet, très-difficile de les équilibrer aussi bien que dans l’eau.

La chaleur rayonnante qui traverse une masse de glace fait fondre de préférence certaines portions déterminées, situées dans l’intérieur de la masse. On pourrait peut-être expliquer ce phénomène en admettant que, dans ces positions, plusieurs cristaux de glace se sont soudés en produisant ainsi une certaine pression. Si l’on fait regeler l’eau provenant de cette fusion, la pression locale se re-

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produit dans l’intérieur de la masse et un nouveau faisceau calorifique fera fondre ces mêmes portions, sans qu’il soit nécessaire qu’elles se trouvent à la surface.

D’après la théorie de M. Tyndall, la chaleur latente devenue libre aux points où deux morceaux de glace se soudent, doit se distribuer sur la glace voisine, et comme, dans tous les cas, la différence qui existe entre les points de fusion de la glace intérieure et de la glace extérieure est très-petite, il faut que cette chaleur se répande sur une masse de glace relativement considérable , si aucune portion de glace ne doit se fondre. La mauvaise conductibilité de la glace et la différence excessivement petite des températures des points de fusion me forcent à croire que cette explication est invraisemblable, dans les cas où la glace se soude si rapidement sous l’influence d'une forte pression, voire même sous l’influence d’un coup de marteau. J’avoue que, jusqu’ici, il est impossible de déterminer par un calcul exact le temps nécessaire à la transmission de la chaleur dans cette expérience, et, que par suite la discussion ne peut pas encore être considérée comme terminée. Moi-même, je. n’ai donné la préférence à la théorie de M. J. Thomson que parce qu’elle se fonde exclusivement sur des faits connus.

Agréez, etc. H. Helmholtz.

fin.

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