TUMEURS DES GLANDES ANALES
À vrai dire, nous n'avons jamais rencontré de tumeur de la poche anale ; elles sont certainement très rares. L'on désigne couramment sous le nom de tumeur des glandes anales ces épithéliomes de la région cutanée glandulaire périanale que l’on rencontre assez fréquemment. BALL signale cet épithéliome des glandes anales du chien, encore appelé cancer des glandes périanales, dont la structure rappelle les glan-
des sébacées embryonnaires (Jæcer). Ces tumeurs prendraient naissance dans les glandes sébacées périanales du chien ; cet auteur précise encore : « Dans tous les cas les épithéliomes sébacés en question ne se rapportent pas aux glandes anales du chien qui sont bâties sur le type tubulé à cellules cylindriques ». Duüpas fait la même remarque.
J. MonTPeLLIER (Bulletin du Cancer, novembre 1929) rapporte un cas de tumeur des poches anales.
TacLravini (Clinica Veterinaria, Milan, 1930) relate deux autres cas.
Ces tumeurs exceptionnelles sont d’un intérêt limité pour le clinicien.
Pronostic
Les conséquences de ces affections bien localisées sont, en général, bénignes, si l’on intervient à temps et d’une façon efficace ; sinon, la constipation s'’établit d’une façon chronique, entraînant parfois des phénomènes paraplégiques ; nous avons pu constater aussi un cas de hernie périnéale consécutive à cette coprostase. Dans tous les cas l’animal dépérit, tourmenté par un prurit intense, affaibli par la suppuration persistante des abcès ou des fistules, et par l’auto-intoxication due à la constipation.
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Diagnostic
Le diagnostic des diverses affections des glandes anales est facile. Les symptômes sont bien caractérisés. Il est important toutefois, de faire un diagnostic précoce de l’inflammation simple car, prise au début, elle est curable sans l’intervention du chirurgien. Tout chien qui présente du prurit anal doit être considéré comme suspect, mais il ne faut pas oublier que ce prurit peut être la signature du téniasis ; le diagnostic différentiel est simple. L'examen macroscopique et microscopique de la sécrétion anale lèvera les doutes ; souvent, d’ailleurs, ces deux affections vont de pair.
En ce qui concerne les suppurations des poches anales, il sera toujours utile de préciser les lésions et, pour ce faire, on pratiquera le toucher rectal, la compression des glandes et l’examen de la sécrétion, le sondage des fistules, enfin, l'inspection de la muqueuse rectale à l’aide d’un spéculum permettra de découvrir parfois des orifices fistuleux. La confusion d’un abcès d’une glande avec une hernie périnéale légère ne peut être le fruit que d’un examen trop superficiel.
Etiologie
La littérature vétérinaire n'a pas fourni, à notre connaissance, d'explication précise sur la cause initiale de ces phénomènes morbides. Il semble bien,
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cependant, qu'il y ait toujours un prurit anal d'’origine variable, tantôt occasionné par l’helminthiase intestinale, tantôt par une recto-proctite. Canior a remarqué également une coïncidence fréquente de la « phlegmasie purulente » avec les états inflammatoires de la muqueuse ano-rectale. Nous avons pu observer un chien qui fit un abcès des glandes anales à la suite d'un eczéma de la pointe des fesses, cette dermatite prurigineuse le poussant à frotter la région ischiatique et, par suite, l’anus sur le sol et contre les murs. L'inflammation de la région anale résulte de ces grattages souvent répétés, l’orifice des canaux excréteurs des glandes se trouve fermé par la tuméfaction des parois, la glande se distend par rélention de son produit d’excrétion qui fermente, s’infecte et enflamme le cul-de-sac qui s’abcède et suppure. Il est quelques cas, très rares en vérité, où nous n'avons pu mettre en évidence le prurit initial, mais où nous avons vu l’inflammation, voire même la suppuration des glandes, succéder à une entérite sans proctite marquée. À quoi attribuer dans ce cas le processus morbide qui s’attaque aux glandes anales ? L'on est en droit de penser que la vidange de la poche s'effectue normalement, au moment des défécations, d’une façon mécanique ; chez le chien, en effet, le boudin stercoral est de consistance assez dure ; au moment de son passage, il exercerait une compression sur les glandes et, par suite, leur contenu serait expulsé ; si, pour une raison de diététique par exemple (les erreurs de régime alimentaire sont en effet fréquen-
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tes chez le chien), les excréments ont une consistance molle, la vidange mécanique ne se fera plus et il en résultera une rétention de la sécrétion glandulaire suivie de fermentations et d’inflammation du cul-desac.
Capior signale comme possible l’origine tuberculeuse des abcès à évolution lente des glandes anales. Dans aucun cas la tuberculination systématique de nombreux malades ne nous a donné de réaction positive : jamais l'examen microscopique du pus coloré par la méthode de Ziehl ne nous a révélé la présence du bacille de Koch.
Nous pensons qu'il faut éliminer ce facteur étiologique. Néanmoins, il y a là un point de pathologie comparée qu'il n'était pas sans intérêt de fixer, la bacillose étant souvent en cause dans les abcès froids ou les fistules anales de l’homme.
Traitement des affections des glandes anales
Le plus souvent le traitement ressort du domaine de la chirurgie. Cependant, lors d’inflammation simple de la glande avec replétion consécutive, l’intervention sanglante sera en général évitée ; les massages répétés ont été conseillés, ils donnent de bons résultats, car ils suppriment les fermentations, mais ils ne s’attaquent pas à la cause du mal et la récidive survient irrémédiablement, si l’on n’a pas soin de mettre en évidence et de combattre l’origine de cette inflammation. Il convient donc de rechercher l’helminthiase intestinale pour y remédier, le cas échéant, par les anthelminthiques habituels : Camala, Noix d’Arec, etc..., de soigner également l’entérite, la rectite ou la proctite : l’on y parviendra en instituant un régime alimentaire adéquat, en prescrivant des lavements émollients biquotidiens, des suppositoires antiseptiques au beurre de cacao ; en outre, il est indiqué de calmer l’inflammation de la zone anale par des applications de vaseline boriquée, borico-mentholée
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ou bien encore d'onguent populeum laudanisé ou belladoné si le prurit et la douleur sont accusés.
La guérison ne tarde pas à se produire, les symptômes locaux et fonctionnels regressent en quelques jours et tout rentre dans l'ordre.
Dans le cas d’affections suppurées des glandes anales, les auteurs Capior et AzLmy, HÉBRANT, préconisent des traitements divers, tels que le massage des glandes pour en faire sortir le pus, et l’injection consécutive, par le canal excréteur, de solutions antiseptiques : teinture d'iode diluée au tiers, liqueur de Van Swieten, glycérine iodée, etc... ; cette opération, rendue très douloureuse par suite de l’inflammation du canal, est difficile à pratiquer et elle ne peut être souvent répétée comme il conviendrait. Les soins antiseptiques externes ont été également conseillés.
La ponction des abcès marginaux, le débridement et le curettage des fistules, suivis ou non de cautérisation et complétés par des injections antiseptiques ou irritantes, sont les moyens généralement proposés contre la phase active de la suppuration. Tous ces traitements, même employés avec persévérance pendant des mois, sont voués à un échec certain, ainsi que nous avons pu le constater bien souvent ; ces affections rebelles incitent à utiliser des antiseptiques trop violents, qui détruisent la vitalité des tissus et ne font qu'étendre peu à peu les lésions. Si, parfois, l’on obtient l’occlusion des fistules, la guérison n’est qu’apparente et éphémère, la récidive est de règle, à brève échéance la plupart du temps.
La guérison définitive ne peut être obtenue que par l'intervention chirurgicale, par l’ablation totale de la glande anale lésée, ainsi que nous l’avons constaté sur de nombreux sujets traités.
Chirurgie des glandes anales
Ablation
Toute la chirurgie des glandes anales se limite jusqu'’alors à l’ablation de celles-ci.
L'opération consiste à extirper la glande dans sa totalité. La technique que nous avons instituée et mise au point, durant deux années, permet d'atteindre le but proposé, à la faveur d’une incision cutanée minime permettant la dissection du cul-de-sac, entre le rectum et le sphincter externe, sans léser ces organes.