LE ROULIER
0 Terre, dont les longs regards ensorceleurs M'appellent par les yeux parfumés de tes fleurs, Et dont les millions de bouches, leurs calices, Moflrent tes baisers lourds d'endormantes délices. Cependant que Juillet semble flamber exprès Plus chaud pour que ton sein caché semble plusjirat. Et qu'on en puisse mieux désirer le mystère, 0 Terre qui m'auras un jour, vorace Terre, Soufi're que. cette fois encor, je n'en sois pas, Du troupeau des amants promis à tes repas, Et, méprisant tes dons subtils, ô froide ogresse Laisse m y préférer la vulgaire allégresse
D'être, à l'enseigne du Soleil d'Or (oui, morbleu!' L'épais roulier qui boit, fût-ce du gros vin bleu. Et dont peut s'étancher la soif, mais non l'envie De reprendre l'étapejau chemin de la Vie.
ONZAIN MÉLANqOLIQUE
Dans le soir où saigne l'Automne, Le cœur sanglotant, nous allons; El Técho, vieux fou qui chantonne En accordant ses violons Sur notre sanglot monotone, Demande au bois, où râlent, longs, Les derniers soupirs de TAutomne, Vers quelle l)mbe nous allons Et, d'un sanglot si monotone, Qui donc là-bas nous appelons, Dans le soir où saigne l'Automne.