‹ Les glas; poèmesChapitre 31 sur 48 · LE LIVRE MAGIQUE · texte numérisé non relu

LE LIVRE MAGIQUE

Je me souviens d'un vieux livre Où, parmi les choses qui arrivent, On citait celle-ci, tardive A qui veut la suivre.

Dans le cloître d'Augée-la~Riche Vivait un moine nommé Weltin Dont la cellule tombait en ruines Vers Tan 824 du Christ.

La veille de sa mort, Weftin Eut une vision très tragique.

Le Diable se montra à lui, Vôtu d'une toute petite capeline.

Assidûment, comme bien on imagine, II lisait, ainsi qu'on lit.

Un livre auquel rien n'était écrit Qu'une seule, toute rouge, ligne.

El il fit voir au pauvre Wettin Cette ligne vraiment diabolique Qui disait, sans plus : hic est hic Ens semper, per, ante, et in.

Wettin regarda, ne sut que dire ; Et le lendemain, à matines, Après s'être confessé, Wettin Se coucha nu et blanc pour mourir.

Bienheureux ceux qui peuvent lire Comme lui, et qui s'y résignent, Le livre où n'est que la rouge ligne Aux jours où la foi transpire !

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