LE BATTEUR DE GRAIN
IL neige et tout est blanc: champs, maisons et préaux. Des granges, çà et là, paraissent éclairées.
Sous leurs poutres de pin les gerbes d'or, serrées,
Ont l'aspect curieux des murs fauves et hauts.
Dans le calme profond, voilà que des fléaux Tombent dru, tour à tour, sur ies blondes airées. Et dès les matins clairs jusqu'aux sombres soirées Les épis mûrs, battus, font pleuvoir leurs joyaux.
Et puis, de temps en temps, dressant sa forte taille, Un vieux batteur de grain, dans un rêve, détaille Le nombre des boisseaux quand tout sera m. 1lu.
“ Que chaque gerbe ainsi s'égrène en avalanche, Pense-t-il, souriant, c'est du pain sur la planche, Bonne dime au curé, pâques au temps voulu,”
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