LE SEMEUR
Dès l'aube il a quitté la paille de l'alcôve, Car l'amour du travail est un vif aiguillon Au clocher dort encor le pieux carillon ;
Il s'agenouille et dit la prière qui sauve.
11 puise le grain d'ambre au sac de toile fauve, Et, d'un geste rythmé, le répand au sillon, Comme un prêtre l'eau sainte avec le goupillon.
Son rêve voit mürir la plaine encore chauve.
Et les corbeaux goulus volent derrière lui Pour se gorger avant qu'il promène la herse.
C'est une aumône aussi que le printemps leur verse.
Donne au sol le froment. Quand le jour aura fui, Entre, vaillant semeur, dans ta chambrette close...
Donne au sol le froment, au foyer l'enfant rose.
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