APRES LA GUERRE
C'est un coin de l'Afrique. Il n'a pas de rival Pour ses copje, ses rocs, ses sables, ses marnières, Pour l'éclat de son ciel et l'or de ses minières, Pour ses troupeaux et pour ses prés. C'est le Transval.
Dans sa campagne en deuil, au long d'un joli val, Sur le sol défoncé par de grises ornières, Et les cheveux flottant aux brises printanières, Deux Boërs, un jeune, un vieux, s'en allaient à cheval.
Le jeune s'étonnait des creux dans la verdure.
— La guerre, mon enfant, la guerre longue et dure. . .
Là dorment des héros ! dit l'autre avec fierté.
Il regardait toujours les innombrables fosses. Tout à coup il joignit ses mains rudes et grosses Et jeta ce sanglot : — Là gît la liberté !
BOUFFLB D'AMOtTB 167
Son œil m'enveloppait comme l'azur céleste ; C'était l'enivrement dans la sérénité.
J'aurais voulu la voir toute une éternité, Sa main me dit adieu d'un adorable geste.
Elle partit, courant sur les fleurs d'un pied leste, Et je crus voir se fondre une divinité.
Aussitôt j'entendis comme une infinité De chants et de soupirs dans ma retraite agreste.
Descendaient-ils des nids cachés dans les rameaux? De la cime des bois qu'une brise balance?
Du violon plaintif d'un barde des hameaux?
Violon, bois et nids faisaient partout silence, Et rien n'éveillait plus les échos d'alentour. . . C'est mon cœur qui vibrait au souffle de l'amour.