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AMES ET FEUILLES

L A source a déroulé sa dentelle de givre ; L'insecte ne court plus à son joyeux festin; Le champ s'est dépouillé de son riche butin, Et l'oiseau, dirait-on, dans l'air froid voltige ivre.

Et voici que la feuille au vent d'hiver se livre. Comme une aile de pourpre, une fleur de satin, Sans regrets elle vole à son nouveau destin; Elle tombe et les bois se ferment comme un livre.

Nos âmes, tout à coup, avant les blancs hivers, S'effeuillent quelquefois comme les arbres verts; C'est quand passe l'amour en ardentes flambées.

Et toujours, désormais, dans leur triste pâleur, Les feuilles resteront sous les bois sans chaleur, Mais Dieu relèvera bien des âmes tombées.

SOUFFLE d'AMOUB 171

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