‹ Les gouttelettes: sonnetsChapitre 127 sur 154 · A NOTRE MONDE · texte numérisé non relu

A NOTRE MONDE

Dois-tu n'avoir, un jour, qu'un vol de fainéant, Comme un oiseau lassé d'une course inutile?

Iras-tu, quand il faut pour te rendre fertile Des ans par millions, en un jour au néant?

Sais-tu la profondeur de l'espace béant?

Le temps qui nous détruit, est-ce qu'il te mutile? Et la vie et la mort, sur ton champ qui scintille, Verront-elles la fin de leur combat géant?

Le sourire du ciel ne cesse de descendre

Sur tes espoirs naissants et sur ta tiède cendre. . .

N'es-tu pas un berceau? N'es-tu pas un bûcher?

Soufflez, vents du printemps ! fleurs, versez vos arômes ! Nous vivons du mystère, et dans les divins dômes Le rêve de ce monde ira toujours jucher.

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