‹ Les gouttelettes: sonnetsChapitre 135 sur 154 · RIRE ET LARME · texte numérisé non relu

RIRE ET LARME

Quelquefois elle est gaie, affable, discoureuse. Ses cils blonds sont pareils aux fils d'or d'un ourlet ; La grâce a façonné son buste rondelet.

Quelquefois elle est triste et peut être amoureuse.

Comme un cygne à son chant, sur Tonde vaporeuse On la suivrait, le soir, aux plaintes du tolet. On la voit dans les flots mouiller son blanc mollet, Et parmi les joncs verts s'enfuir toute peureuse.

Quand son rire s'égrène en l'air calme, au canton, Chacun la croit heureuse. Après tout qu'en sait-on? Le bonheur n'est pas fait d'un seul éclat de rire.

Quand son œil est mouillé, son œil ensorceleur, " Comme elle souffre, hélas ! se hâte-t-on de dire ! " Une larme pourtant ne fait pas la douleur.

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