AME ET FLEUR
O fleur qui nais d'un souffle et d'un rayon de jour, Dans l'or de la jonchée ou l'ambre de l'éteule, Comme l'âme qui souffre on te voit souvent seule, Et sous l'effluve froid tu tombes sans retour !
Ame qui viens du ciel sur l'aile de l'amour, Comme la fleur, parfois, tu te penches bien veule ! Tes rêves sont broyés comme un champ sous la meule, Et ton parfum s'envole aux âmes d'alentour.
Vous vivez de lumière et de divines fièvres : ,
Soleil ou charité. La soif brûle vos lèvres,
Et goutte à goutte l'eau descend : rosée ou pleur.
Mais qui donc êtes-vous ? Fleur aux ailes de flamme Et faite de soleil, chaste fleur, es-tu l'âme? Ame dont le parfum m'enivre, es-tu la fleur?
C'est un large ruisseau qu'une digue barrait, Et dans une échancrure où le nénuphar pousse, Tout près d'un vieux moulin à la toiture rousse, C'est le tronc d'un vieux chêne où le bac s'amarrait
Attardé trop longtemps, un couple reparaît Par-delà le labour, sur les sentiers de mousse. Dans le dernier rayon d'une lumière douce, Plus loin, et tout au fond, c'est un coin de forêt.
C'est ainsi que la toile avait été rêvée.
Le peintre a dû sourire à son œuvre achevée,
Et ressentir l'orgueil de l'athlète vainqueur.
Mais Dieu seul peut donner à la fleur son arôme, Au ruisseau son murmure, à la forêt son dôme, Aux sillons les épis et la tendresse au cœur.
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