LE MIRAGE
C'EST le désert lugubre après l'âpre savane, Le ciel de feu, le sable épais, l'air ; étouffant D'une terreur étrange à peine on se défend.
Seul, en ces lieux maudits, l'arabe se pavane.
Là des sources sans eaux, un palmier qui se fane ; iLà des crânes ouverts par un cheik triomphant. Mais voici que le ciel à l'horizon se fend, Et des frissons d'espoir poussent la caravane.
Devant elle, là-bas, dans les sables houleux, Elle a vu tout à coup resplendir des flots bleus. Sa soif brûlante enfin sera donc assouvie.
Haletante, elle court secouant sa torpeur,
Vers l'horizon de flamme où luit ce lac trompeur. .
Et c'est ainsi, mon Dieu! qu'on traverse la vie!