LE LABOUREUR ET LE MARIN
— Sur les champs ou mes boeufs traînent la lourde herse, Les grains mûrs pencheront leurs épis veloutés.
— Ouvrant de longs chemins dans les flots redoutés, J'emporte les moissons qu'un ciel heureux te verse.
— Dans l'herbe, sous mes pieds, je vois la fleur qui perce, Et j'entends les oiseaux dans les rameaux voûtés.
— Les chants moelleux des bois ne sont guère goûtés Quand sifflent les haubans et que la mer nous berce.
— Mon sommeil est paisible et mon réveil, joyeux ; Puis, quand derrière moi se fermera nut porte,
Je m'en irai dormir où dorment les aïeux.
— Mon sommeil est béni, car chaque nuit m'apporte, Dans un rêve enivrant, la femme et les marmots. . . Il se mit à pleurer après ces derniers mots.