LA SAMARITAINE
Vers le puits de Jacob elle s'en vint alors, Un vase sur la tête, aux pieds d'humbles sandales, Son œil rêveur cherchait les amoureux dédales Où s'étaient profanés les charmes de son corps.
Un homme était au puits. Ses ravissants dehors L'émurent. Mais pourtant, cachant ses doux scandales, Du saint temple elle aurait baisé les froides dalles, Plutôt que de l'aimer d'impudiques transports.
Peut-être c'est cela qu'il était de Judée, Il lui parla longtemps. Elle, la dégradée, Se sentait défaillir sous l'œil qui la scrutait.
Comment voyait-il donc tant de choses en elle? Etait-il le prophète?. . . En vain elle luttait, Des pleurs de repentir luirent dans sa prunelle.
L'EGAUTE
Ls Sanhédrin disait: — Le temple est profané. Le fils du charpentier discute et prophétise. Nos vertus à ses yeux ne sont qu'une bêtise ; Porte-t-il donc un front que le jeûne a fané?
D'où son pouvoir étrange aurait-il émané?
Il se met au-dessus de nos lois. Il pactise Avec les publicains. Son discours fanatise.
Il pardonne au pécheur que nous avons damné.
Et pour se faire un nom, chose pire, il enseigne Que les hommes partout sont égaux. Le cœur saigne Quand on voit tant d'audace et de subtilité."
Oui, Jésus affirmait, ô race de vipère!
Qu'il n'est grands ni petits aux yeux de Dieu son Père,
Et le Verbe éternel fondait l'égalité.
SONNETS EVANGlSLIQUES 35