LE BONHEUR
Est-ce un leurre divin vainement affiché?
L'ouvrier le demande à sa hache, à sa lime ; Le poète le cherche en un rêve sublime ; Le jeune homme éperdu ne Ta pas déniché.
Il n'est point dans le sol âprement défriché. Le vieillard croit le voir au passé qui s'abîme ; Le riche le paierait de son dernier centime ; L'esprit fort dit que Dieu — s'il existe — a triché.
Ce qu'un jour nous apporte un autre nous l'enlève. La coupe du plaisir, que notre main soulève, Mêle une amère lie à son rayon de miel.
Il n'est donc ici-bas nulle paix souveraine. . . Vous avez vu, pourtant, plus d'une âme sereine Accepter la souffrance en souriant au ciel.
54 SOUFFLE BELIGIEUX