‹ Les gouttelettes: sonnetsChapitre 90 sur 154 · A UN POMMIER · texte numérisé non relu

A UN POMMIER

Aux amis comme toi, c'est un culte qu'on voue. Je t'ai vu bien petit et te voilà bien grand; Mais quand j'y pense un peu, cela ne me surprend, Car moi-même en effet j'ai vieilli, je l'avoue.

Au sol qui t'a vu naître un sort béni te cloue. Tu ne sais rien du mal que là-bas on apprend. Sous tes rameaux fleuris l'oiseau chante. Il comprend Que ta feuille tressaille au nom du Dieu qu'il loue.

As-tu prêté souvent ton ombre aux malheureux? As-tu laissé tomber tes blanches fleurs sur eux? As-tu versé le baume à l'âme tracassée?

A qui manquait de pain ton fruit s'est-il offert? Mais que vois- je pourtant? Une branche cassée?. . . Ton cœur, comme k mien, vieil arbre, a donc souffert ?

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