‹ Les gouttelettes, sonnets [par] Pamphile LeMayChapitre 102 sur 149 · LA PILEUSE · texte numérisé non relu

LA PILEUSE

Jusqu'à ce que la nuit effeuille ses pavots, Le rouet grondera comme l'oiseau gazouille. Les agneaux sans défense ont livré leur dépouille ; Elle a filé la laine en soyeux écheveaux.

Et voici maintenant le tour des lins nouveaux. Ils ont été gardés des baisers de la rouille. \ Elle chante et sourit ; puis, devant sa quenouille Passent des espoirs doux et des rêves dévots.

— Que sera ce beau fil, tout à coup se dit-elle? Des nappes pour la table et des draps pour les lits, Une chemise blanche, une frêle dentelle. . .

Il est douteux, enfant, l'avenir que tu lis. Quelque fil que l'on donne à son rouet avide, C'est parfois un linceul que le fuseau dévide.

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