‹ Les gouttelettes, sonnets [par] Pamphile LeMayChapitre 105 sur 149 · LE SANCTUS A LA MAISON · texte numérisé non relu

LE SANCTUS A LA MAISON

(Tableau de Ch. Huot)

Par la fenêtre ouverte on voit la floraison. C'est l'heure de la messe. Au loin un clocher brille. Tout le monde est parti ; seule, une jeune fille Vaque aux soins du ménage en la pauvre maison.

L'ne croix noire pend à la blanche cloison. Dans son corsage neuf l'enfant est bien gentille. L'eau bout, la vapeur monte. Un chat luisant se grille Au poêle d'où s'échappe un reflet de tison.

Mais voici que l'airain tinte dans le ciel rose. Sanctus ! Sanctus ! Sanctus!... La jeune fille pose Le chou vert sur un banc, au clou le gobelet.

Sanctus ! Sanctus ! . . . Avant que la cloche se taise,

Elle tombe à genoux et, les bras sur sa chaise,

Elle incline la tête et dit son chapelet.

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Cii n'était pas chez nous. . . Rien ne me consolait De ne pins voir mes bois, ni mes oiseaux en fête. D'autres bois fleurissaient, je détournais la tête; Puis, je fermais l'oreille au chant qui s'envolait.

Je refusais de boire au ruisseau qui coulait,

De mordre au fruit pourpré qui s'échappait d'un faîte.

J'allais regardant bas comme la pauvre bête ;

Rien n'éclairait mon cœur quand la nuit s'étoilait.

Et j'évoquais toujours vos souvenirs augustes, Clochers, vieille maison, forêt, ruisseaux, arbustes. Qui m'aviez tant de fois vu plier les genoux.

Lorsque mai reficurit sous la brise légère, Pour me faire oublier, une belle étrangère M'ofifrit l'amour. . . — Fi donc! Ce n'était pas chez nous!

/jy

DOMAINE POLITIQUE

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