CANDEUR
Nous coupions l'orge dense au soleil de septembre ; Nos faucilles d'acier disaient les mêmes chants. Le soir, les bras mordus par des épis méchants, Elle rentrait sans bruit dans sa modeste chambre.
Avec les papillons, sur la javelle d'ambre,
Dans l'air chaud des midis et le baume des champs,
Il voltige toujours des rêves alléchants,
Et le cœur indompté sous l'aiguillon se cambre.
Un jour elle pleura. Je ne sais pas mentir, Dans son grand regard bleu flottait le repentir, Et sa vertu farouche accusait une faute.
Grisés par les parfums qui montaient du gramen, Nous avions modulé, d'une voix un peu haute. L'hymne dont un baiser est quelquefois l'Amen.
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CCEURS ET NIDS
Et j'entendais l'amour retentir comme un cor. Je vis sur les rameaux des nids pleins de tendresse. Les petits essayaient, avec des cris d'ivresse, Leur aile où le matin peignait des reflets d'or.
Un champ d'orge, tout près, leur offrait son trésor ;
La brise qui passait leur donnait sa caresse.
Or, du faîte élevé comme une forteresse
Ils pourraient jusqu'au ciel prendre, un jour, leur essor.
L'hiver emporta loin les feuilles desséchées.
Je voulus voir encor les joyeuses nichées,
Seuls des flocons de neige étoilaient les buissons.
Tous les cœurs sont des nids ovi chante l'espérance,
Et les flocons de neige, avec indifférence,
Des cœurs comme des nids font taire les chansons.
l82 SOUFFLE d'aMOUB