LE CHASSEUR
Taïaut ! Pars, chasseur ! Que saint Hubert te garde ! Le jour paraît. Le vent tord les nuages gris. Les lièvres sont cachés sous les pins rabougris. Ne tire pas ta poudre aux moineaux, par mégarde.
Pitié pour le chanteur dont l'ceil doux te regarde, Et pitié pour la bête aux longs flancs amaigris ! Comme nous quelquefois les fauves sont aigris Par la haine de rhomnie et par la faim hagarde.
Pars, l'alouette chante au-dessus des ajoncs,
Les mauves rasent l'eau pour happer les goujons,
Et parmi les galets sautille la bécasse.
Voir tomber du ciel bleu le gai vol des oiseaux. Voir des gouttes de sang empourprer les roseaux, Cela s'appelle donc le plaisir de la chasse !
BPOET 223