L'ARBRE DE LA CROIX
Arbre mystérieux, sous la dure cognée Quelle forme prends-tu? Que vas-tu devenir? Tes parfums vont manquer aux printemps à venir. L'ouvrier jette loin ta branche dédaignée.
Qui saura de quels feux ta cime était baignée? De ton ombrage frais qui va se souvenir? Au vieil âge béni tu n'as pu parvenir, Et l'injure, arbre mort, ne t'est pas épargnée.
Quoi ! tu renais toujours, bel arbre mutilé !
Dans le ciel obscurci ton faîte a scintillé
Comme, au-dessus des monts, un astre qui se lève.
Sur ton écorce rude un signe s'est gravé.
\'oici qu'un sang divin est devenu ta sève,
Et ton ombre s'étend partout. . . O crux, Ave!
SOUFFLE EELIGIEUX 47