‹ Les gouttelettes, sonnets [par] Pamphile LeMayChapitre 3 sur 149 · ABEL ET GAIN · texte numérisé non relu

ABEL ET GAIN

La terre verdissait, qui venait d'émerger Des primitives eaux. L'antre au sombre orifice Etait, en ces jours-là, son unique édifice, Et l'homme vagabond y pouvait héberger.

Or, deux frères vivaient: un semeur, un berger. Ils offrirent à Dieu le premier sacrifice. Le berger fut béni. L'autre, usant d'artifice. L'attira sur son cœur afin de l'égorger.

La terre qui grandit dans la magnificence, S'enivre encore, hélas ! du sang de l'innocence. Et garde la blessure ouverte dans son sein.

Et le bien et le mal seront toujours en lutte ; Et les derniers enfants de la dernière hutte Seront peut-être encore un Abel, un Caïn.

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