‹ Les gouttelettes, sonnets [par] Pamphile LeMayChapitre 38 sur 149 · LE MENDIANT · texte numérisé non relu

LE MENDIANT

J'ai, d'un cœur simple, enfant, mendié les années, Pour voir courir les eaux et fleurir les buissons ; Jeune homme, j'ai souvent, sous d'étranges frissons, Mendié des amours, hélas ! vite fanées.

J'ai mendié la gloire, et, sous mes mains tannées, La plume a de vains mots, la lyre a de vains sons. J'ai mendié les biens, et toutes mes moissons Ont été par l'envie ou la haine vannées.

J'ai mendié la joie ainsi que fait chacun,

La fidèle amitié dont se flattei quelqu'un,

Le denier qu'au travail un maître juste accorde.

"Et si j'ai demandé quelque funeste don,

Dans la foule des biens que ma bouche recorde,

Dieu clément, je mendie aujourd'hui le pardon.

IvE CALVAIRE

La-bas, sur le coteau, j'ai revu le calvaire

Où nous allions prier, les dimanches d'été . . .

Il flottait un parfum de douce piété

Au-dessus de nos fronts, dans la tiède atmosphère.

La prière en commun avait un ton sévère. Le Christ penchait la tête en son anxiété. Les oiseaux répondaient par des cris de gaîté ; Moi, j'oubliais l'amen devant la primevère.

Et les vieux sont partis et les jeunes sont vieux! Je les connaissais tous, je ne connais personne, Et ne tressaille plus alors que leur voix sonne.

Et toujours, le dimanche, à la clarté des cieux,

La vieillesse dolente et la jeunesse fière,

Aux pieds du même Christ font la même prière.

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HOMMAGE 6l

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