‹ Les gouttelettes, sonnets [par] Pamphile LeMayChapitre 50 sur 149 · A JEANNE-MARCELLE ST-JORRE · texte numérisé non relu

A JEANNE-MARCELLE ST-JORRE

(Ma petite-fiU»)

QuK ta main rose joue avec ma barbe blanche, Je te tiens sur mon cœur, tu n'échapperas pas. Et puis, ferais-tu bien toute seule deux pas? Reste comme une fleur sur une vieille branche.

Menace si tu veux ; mets le poing sur la hanche ; On ne peut effrayer un grand-père. En tout cas Je puis lutter encore, et je ne suis point las De voir luire en tes yeux ta petite âme franche.

Tu veux toucher à tout. — N'est-ce pas vrai, voyons? Même à l'étoile vive, à l'éclat des rayons. Serais-tu curieuse autant que grand'mère Eve?

Ce sont là des jouets d'anges ; voici les tiens. Mais tu cherches ailleurs depuis que tu les tiens. . . En commençant la vie on commence le rêve.

EPANCHEMENT

Frappe donc, ô douleur! frappe donc sans merci! Je suis comme un métal soumis au martelage. J'ai traîné mes regrets loin de mon cher village, Et j 'ai vu chez les grands plus d'un cœur endurci.

Peut-être qu'on va rire en entendant ceci, Et croire que je fais de mes maux étalage. En se communiquant la peine se soulage ; Dites-moi, cœurs broyés, s'il n'en est pas ainsi ?

L'illusion s'envole et nul mal ne m'étonne. De cheveux blancs déjà ma tête se festonne; Les nœuds les plus étroits doivent se délier.

Je ne jetterai plus ni plaintes ni sarcasmes.

Je veux sourire encor. La terre a des miasmes.

Mais elle a des parfums qui les font oublier.

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