‹ Les gouttelettes, sonnets [par] Pamphile LeMayChapitre 67 sur 149 · VIEUX ARBRES ET VIEUX HOMMES · texte numérisé non relu

VIEUX ARBRES ET VIEUX HOMMES

Quand les arbres sont vieux, leurs rameaux dépouillés Ne sentent plus courir les frissons de la sève, En un gémissement leur murmure s'achève, Les oiseaux les ont fuis, les vers les ont souillés.

Quand les hommes sont vieux, ils vont, les yeux mouillés, Evoquer, loin du bruit, leur vie encor trop brève. Souvent avec courage ils ont lutté sans trêve. Et le suprême appel les trouve agenouillés.

Autour de l'arbre vieux qui lentement s'affaisse. Avec ses nids déserts et ses pâles festons. On voit croître et verdir de vaillants rejetons.

Autour de l'homme vieux et pour qui le jour baisse, On entend les gais cris et le rire argentin Des enfants que réveille un rayon du matin.

EVOI^UTION

Qui sait de notre Dieu le merveilleux dessein? D'oii vient, beau papillon, la pourpre de ton aile? Givre de mon carreau, feuille de ma tonnelle, D'où vient, le savez-vous, votre savant dessin ?

Quand la mort te flétrit de son baiser malsain, Homme, où s'envole donc l'éclair de ta prunelle? Où s'en vont les beautés de ta forme charnelle, Kt les vives ardeurs qui dévoraient ton sein?

Ta poussière est féconde. Elle devient la feuille, L'insecte qui murmure ou la fleur que l'on cueille. L'herbe de la prairie ou le grain de froment.

Et toute âme qui naît prend de brillants atomes

Aux feuilles comme aux fleurs, aux fruits comme aux

Afin de s'en couvrir comme d'un vêtement. [arômes.

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