‹ Les gouttelettes, sonnets [par] Pamphile LeMayChapitre 70 sur 149 · LE DRAME · texte numérisé non relu

LE DRAME

I h est bon ou mauvais, drôle, pudique, obscène, Comme on veut. Quelques-uns le trouvent ennuyeux, D'autres le trouvent beau. C'est un festin joyeux Qui devient pour chacun une dernière cène.

Sans nul souci des coups que la critique assène. Nous reprenons le rôle après tous nos aïeux, Et d'autres après nous viendront. . . C'est curieux. Ces fugitifs acteurs d'une si longue scène.

Si l'été resplendit, les insectes, alors.

Viennent se reposer de leurs vaillants essors.

Dans la poussière, aux champs qui furent leurs délices.

Et nous faisons comme eux. Le linceul secoué, Nou3 revenons en foule errer dans les coulisses. Pour suivre encor le drame où nous avons joué.

SOURCE ET CCEUR

Sous les saules qu'on voit là-bas, plantés en taîle, Une source jaillit comme un rayonnement. L'oiseau vient du ciel clair y puiser pleinement, La fleur mouille à ce bain son gracieux pétale.

Le cœur est une source où maint nouveau Tantale, Pour apaiser sa soif, se penche vainement. Le rêve autour de lui voltige ingéniiment ; Il se trouble au toucher d'une haleine brutale.

La source va chantant par la friche et les blés,

Et les cœurs que le ciel a largement comblés.

Les cœurs tout pleins d'amour semblent intarissables.

N'allez pas, source ou cœur, loin des souples roseaux,

Egarer vos chemins sur les arides sables.

Car les sables boiront, cœur ou source, vos eaux.

Page 1