‹ Les gouttelettes, sonnets [par] Pamphile LeMayChapitre 88 sur 149 · SECHERESSE · texte numérisé non relu

SECHERESSE

Les champs où les troupeaux s'en allaient festoyer, Sont nus. Rien ne fleurit. Tristement l'agneau bêle. A pleurer comme un glas la clarine se fêle. On voit sur les chemins la poussière ondoyer.

Un souffle desséchant ne cesse d'aboyer. Les ruisseaux sont taris. L'âpre chardon se mêle, Sur les maigres srllons, aux tiges du blé grêle, Et partout le soleil se plaît à flamboyer.

Mais si le ciel serein pleuvait sa fraîche ondée, La terre, qui gémit comme une infécondée, Verrait de beaux épis hérisser le labour.

Quand l'espérance en Dieu nous semblera périe,

Dans l'âme desséchée ainsi que la prairie

Nos pleurs feront germer une moisson d'amour.

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