XV-XVI. — Hommes d'armes au service
DE la VILLE DE PaRIS.
Meurtre des deux maréchaux du Dauphin.
(Ms., fol. 409 v% col. 1; édit., t. I, p. 148-150.)
Deux miniatures, d'égales dimensions, sont juxtaposées sur le
même feuillet.
H. : 0"n093 X 0°»068. — Encadrement bleu et or; fond de
mosaïque; listel tricolore.
XV. — Ces hommes d'armes sont uniformément coiffés de chapeaux de fer mi-partis rouge et azur. Armes défensives : cottes de mailles et par-dessus cottes d'armes de cuir, gantelets également de cuir, cuissards et jambières de fer, grands boucliers ou pavois. Ils sont chaussés de souliers pointus et portent leurs ceintures très bas. Armes offensives : épée lourde et courte, lances avec un arrêt à la hampe, qui est tantôt blanche, tantôt rouge.
XVI. — La scène se passe près du lit du Dauphin, recouvert en toutes ses parties d'une housse bleue, fleurdelisée, et surmonté d'un baldaquin recourbé de couleur verte. Le jeune prince, tête nue (ses cheveux sont blonds), repousse des deux mains le chaperon mi-parti qu'Etienne Marcel lui présente. Le peintre a traité son sujet avec un certain réalisme et une recherche évidente de l'expression. L'horreur
et la douleur se lisent sur la figure du Dauphin, tandis que celle du prévôt, vue seulement de profil, témoigne d'une insistance menaçante et farouche, dont l'efiet est encore accru par la couleur rousse de la barbe et des cheveux. Un homme d'armes, brandissant une hache à deux mains, tue ou achève les maréchaux, qui sont tombés côte à côte sur le lit du Dauphin ; un second homme d'armes se tient derrière le meurtrier. L'un et l'autre sont coifies de chapeaux de fer mi-partis rouge et azur. Cette miniature, très intéressante à beaucoup d'égards, est l'une de celles où les fautes contre la perspective sont le plus nombreuses et le plus grossières.