XXIV-XXV. — Couronnement de Charles V
Couronnement de la reine Jeanne.
(Ms., fol. 439; édit., t. II, p. 1-2.)
Deux miniatures, d'égales dimensions, sont juxtaposées à la partie supérieure du feuillet.
II. : 0"'075 X Oi^OTT. — Encadrement bleu avec rinceaux et motifs d'architecture blancs; fond de mosaïque, pour le couronnement du Roi.
Encadrement rose avec rinceaux et motifs d'architecture blancs; fond bleu moiré, pour le couronnement de la Reine.
XXIV. — Le Roi est assis sur un trône ou fauteuil, vêtu d'une robe rouge et portant par-dessus le manteau bleu fleurdelisé, retenu par un fermail d'or. La scène représentée est celle qui, dans le cérémonial du sacre, vient immédiatement après l'imposition de la couronne faite par l'archevêque de Reims. Le Roi a donc déjà la couronne sur la tête (le peintre lui a donné des cheveux blonds) ; de la main gauche il tient la main de justice ; de la droite, le sceptre, très long, avec une statuette de Charlemagne au sommet.
A sa droite, trois pairs laïques (Toulouse, Etampes, Flandre) et divers autres personnages étendent la main pour soutenir la couronne royale. A sa gauche, le duc d'Anjou, un glaive à la main, fait fonction de sénéchal. Derrière le duc, plusieurs prélats, parmi lesquels on distingue l'archevêque de Reims et l'évêque de Laon, imitent le geste des pairs laïques.
Cette miniature ne diffère que par la suppression de quelques détails de l'une de celles qu'on trouve dans le célèbre cérémonial du sacre de Charles V, conservé aujourd'hui au British Muséum (Cotton., Tiberius B. VIII, fol. 59 v°; édité par E. S. Dewick pour la Bradshaw Society, t. XVI de la collection, The C oronation Book of Charles V of France, collotype plates, n° 24). L'autel, figuré à droite dans le cérémonial du sacre, et le sergent d'armes, qui encadre la scène à gauche, ne se voient point dans le ms. français 2813.
XXV. — Jeanne de Bourbon, assise comme le Roi, est vêtue d'une robe rouge. EUe porte la couronne (cheveux blonds également). Dans la main gauche elle a un court bâton d'or terminé par un fleuron ; de la main droite elle tient un sceptre, beaucoup moins long que celui du Roi, et dont le motif terminal est un homme à cheval sur un aigle aux ailes éployées^. A sa gauche, quatre prélats, parmi lesquels on reconnaît l'archevêque de Reims et l'évêque de Laon. A sa droite, un certain nombre de pairs laïques, notamment les ducs de Bourgogne et de Bourbon et la comtesse douairière de Flandre, veuve de Louis de Maie qui, en raison de son comté-pairie d'Artois, recueilli dans la succession de Philippe de Rouvre, avait un rôle à tenir
1. C'est le sceptre, dit de Dagobert, qui était conservé au trésor de l'abbaye de Saint-Denis (Bernard de Montfaucon, les Monuments de la monarchie française, t. I, Paris, 1729, in-fol., p. XXXV et planche I).
dans les cérémonies du sacre. Elle est vêtue d'une robe brune.