LE PROVINCIAL
Le Provincial est toujours plus fort que les autres.
Il a été, autrefois, un « bon au billard ». Il joue encore de temps à autre mais ses séries ne sont pas brillantes. Préfère, aux effets, le jeu de bande, plus élégant et de meilleur ton — à son sens. Rate assez régulièrement, mais s'offre la revanche de dire qu'il est dans ses mauvais jours. D'ailleurs, le coup était toujours proprement joué ; il est même préférable qu'il ne l'ait pas réussi.
C'est aussi, le meilleur fusil de la contrée. N'y a-t-il pas de gibier, il en tioive, devrait-
il en inventer. Se réputé pour ses coups de longueur et de surprise, pour son endurance à la marche, ainsi que pour les qualités extraordinaires de son chien, ( race-quète-nez-rapport — obéit au doigt et à l'œil.)
A les meilleures terres, les plus beaux bestiaux, la propriété la plus agréable et la plus riche de tout le pays ; il reconnaît pourtant qu'il y a de bonnes terres dans son département qui est, sans contester, le plus fertile de toute la France.
Dit couramment qu'il est embarrassé de ses récoltes ou de ses fruits, mais oublie de faire de petits cadeaux qui ne lui coûteraient cependant pas beaucoup dans les heureuses conditions où il se trouve.
N'aime pas Paris, pour y habiter, parce que c'est une ville de fainéants.
La connaît sur le bout des doigts pour y avoir traîné ses guêtres deux fois dans sa vie (au moment des expositions) ; dit, quand même, « Son Paris » avec des yeux noyés de souvenirs (du temps où il n'a jamais été étudiant. — Ah î les petites noces !).
Est encore tolérable quand il ne parle pas de