‹ Les grandes époques de Mr ThebaultChapitre 47 sur 62 · LES CAILLES · texte numérisé non relu

LES CAILLES

Il a fait une chaleur étouffante.

Pendant la journée elles ont fait une partie dans un champ de trèfle incarnat.

Mais voilà, la partie a été longue et une des leurs a emprunté de l'argent qu'elle ne peut pas rendre.

Les cailles sont écœurées de cette conduite.

Elles se sont séparées en se donnant un mot d ordre.

Elles s'en vont, par le creux des sillons desséchés, — faisant de petites étoiles sur la pou; sière chaude, — le dos arrondi, la Kte basse.

Tout ;i coup, l'une d'elles, calculant (pie tou-

les (lui vent êtres rendues a leur eantonneinent. pituite un petit signai répété par toutes les joueuses volées.

Et la scie, montée au débiteur, eommence; scie infatigable, formée de trois mots répétés trois fois de suite.

« Pave tes dettes — paye tes dettes — paye tes dettes. »

C'est l'heure où Los jeunes gens n'aiment pas à se promener dans les champs en compagnie de monsieur leur père.

Si vous voulez faire taire les bavardes, je vous conseille daller tout seul, à l'endroit d'où part l'un des cris.

Vous regarderez à terre, vous inspecterez minutieusement les lieux, vous découvrirez l'empreinte d'un pied de cheval ou une petite crevasse de chaleur — mais ne verrez point la caille qui V sera cachée.

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