‹ Les grandes époques de Mr ThebaultChapitre 61 sur 62 · MES IMPRESSIONS · texte numérisé non relu

MES IMPRESSIONS

Quand j'éprouve une impression, quelle qu'elle soit, j'en tire un plaisir : celui de la remarquer.

A ce plaisir succède un désir immodéré — intense : celui de la noter.

Je le fais n'importe comment — au galop — parce qu'il n'y a rien d'aussi intangible et fuyant qu'une impression.

Dès que c'est fait, je ressens un serrement de cœur à l'idée qu'il va me falloir transformer les hiéroglyphes rapides qui forment mon style nègre, en phrasesbàties avec des mots, des points et des virgules.

Je me figure que c'est un devoir et m'y soumets

Dès que c'est fini, je suis heureux comme je l'étais du temps où je fréquentais le collège. Je respire, mon impression est en cage. Je puis la regarder tout à mon aise.

Dieu que c'est bête d'être bâti ainsi.

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