II L'AME CELTIQUE
phétesse n'en ressort pas moins d'âge en âge de sa forêt épaisse. Elle reparaît, jeune toujours, et couronnée de rameaux verts. Ses plus profondes léthargies annoncent ses plus éclatants réveils. Car l'âme est la partie divine, le foyer inspirateur de l'homme. [Et comme les hommes, les peuples ont une âme. Qu'elle s'obscurcisse et s'éteigne, le peuple dégénère et meurt ; qu'elle s'allume et brillé de toute sa lumière, et il accomplira sa mission dans lo monde. Or, pour qu'un homme ou un peuple remplisse toute sa mission, il faut que son âme arrive à la plénitude de sa conscience, à l'entière possession d'elle-même.
Voilà ce qui n'est pas encore advenu, mais ce qui se prépare pour Pâme celtique de la France. La Bretagne est son vieux sanctuaire, mais elle vit, elle palpite sur toute l'étendue dç notre sol et dans toutes les périodes de notre histoire, depuis la guerre des Gaules jusqu'à la guerre de Cent ans, et de celle-ci à la Révolution française, et aujourd'hui elle est prête à dire au monde son secret. Elle n'a cessé de parler par les héros, les poètes et les penseurs de la France. Je l'ai cherchée ici, à sa source, dans quelques-unes de nos vieilles légendes et dans les paysages qui furent leur berceau.
La Légende, rêve lucide de l'âme d'un peuple, est sa manifestation directe,sa révélation vivante.
Comme une double conscience plus profonde', elle reflète l'Avenir dans le Passé. Des figures